L’attentat de mercredi sème la psychose

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Climat de suspicion pour ne pas dire de psychose qui règne parmi la population d’Ahnif, mais également celle des alentours. L’ensemble des citoyens des communes de la daïra de M’chedallah et même celles des daïras limitrophes sont en effet sous l’emprise d’un choc émotionnel et d’une peur suite à l’attentat de mercredi dernier qui a coûté la vie à sept militaires.Un lâche attentat qui survient alors que les populations de la région avaient enregistré une certaine accalmie depuis plusieurs mois et commençaient sérieusement à croire que c’en était fini du terrorisme. Mais voilà que la bête immonde s’éveille. Déjà des faux barrages étaient, bien avant l’acte terroriste d’Ahnif, de retour. En effet, la RN 15 tristement célèbre pour son col de Tirourda est redevenue un endroit que les automobilistes préfèrent contourner, plutôt que de se faire inutilement racketter.Samedi dernier c’était un maquignon originaire de Aïn El Hammam qui avait été délesté d’une importance somme d’argent. Dans la nuit de lundi à mardi passés c’était d’autres automobilistes auxquels des inconnus cagoulés avaient soutiré argent et téléphones cellulaires. Si pour les auteurs de ces faux barrages que l’on qualifie de “terroristes”, aucune certitude quant à leur appartenance à un groupe intégriste n’est établie, le guet-apens dans lequel sont tombés les militaires est bel et bien l’œuvre d’un groupe de terroristes islamistes. Un groupe d’une certaine envergure et non pas un groupuscule comme on voudrait nous le faire croire. Dans la région d’Ahnif, 72 heures après l’œuvre macabre des terroristes, on parle d’un groupe de plus d’une trentaine d’éléments du GSPC qui serait derrière l’assassinat des militaires. Une information qui ne peut être vérifiée, mais qui s’avère toutefois plausible si l’on s’en tient à l’accrochage qui a duré plus de deux heures.Les tirs de RPG 7 et de kalachnikovs nourris de part et d’autre ont été entendus à plusieurs kilomètres à la ronde. Durant cette attaque, les assaillants ont même réussi à égorger un militaire embusqué derrière le camion de l’ANP. Une barbarie dont les sanguinaires du GSPC se targuent en montrant des images identiques sur Internet. Face à cette recrudescence du terrorisme islamiste, les populations ont peur. Peur de parler avec des journalistes, peur de s’afficher aux côtés des éléments des forces de l’ordre, peur de revivre les moments les plus chauds des années de braise. Les incursions terroristes sont encore vivaces dans les esprits des villageois qui craignent pour leur vie et celle de leurs proches. Certes, dès les premières heures de la matinée de jeudi, un important convoi de l’ANP a délimité un périmètre de ratissage pour tenter de débusquer les hordes terroristes, mais l’attentat de mercredi soir aura cet impact psychologiquement néfaste sur les populations qui s‘interrogent à l’unanimité sur le rôle de la charte pour la paix et la réconciliation nationale.

Anzar O.

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