Les chahids… oubliés

Si depuis l’Indépendance (1962), il y’a eu une floraison de stèle, de monuments ou autres à travers le pays et tout ceci pour marquer des évènements ou bien encore commémorer des dates historiques par la symbolisation des grands moments de l’histoire de la guerre de Libération nationale, des épopées de nos héros de batailles célèbres, à Bordj-Menaïel, on oublie vite. Si dans la plupart des villes, des villages, des douars, des « dechrates », l’on peut voir des stèles et des monuments érigés en hommage aux martyrs de la Révolution, cela n’est pas le cas à Bordj-Menaïel, depuis 1962 à ce jour, c’est la perénnité de 42 ans. Est-ce avec l’oubli qu’on rend hommage à ceux qui ont donné leur vie pour que vive l’Algérie indépendante. Est-ce ainsi le témoignage que doivent donner les vivants à une histoire nationale si riche en faits d’armes, en évènements, en hommes braves qui ont fait don de la chose la plus chère au monde « la vie » pour la libération du pays du joug colonial ? La question qui se pose et que la population de Bordj-Menaïel n’arrive pas à comprendre, c’est, pourquoi aucune stèle, comportant les noms et prénoms des chouhada n’a été érigée à leur mémoire dans cette région ? A qui incombe la faute ? Qui est responsable de cet oubli? L’APC, l’ONM de la wilaya de Boumerdès, les moudjahidine de la ville de Bordj-Menaïel, les instances de wilaya, les autorités locales ? Qui de nous peut oublier les Bouhamadouche Djelloul, Salah Takdjerad, Abbas Abdelkader, Meflah Ahmed, Hachemi Hamoud, les Frères Toumi, Les frères Abaziz, Ben Mansour pour ne citer que ceux-là car, ils sont des centaines et des centaines à avoir été oubliés et afin que nul n’oublie, et il faut le dire, pourquoi en 2006, soit 44 ans après l’indépendance, rien n’a été réalisé dans ce sens. Les responsables locaux ont failli à leurs tâches, à savoir celle d’éclairer la génération montante, l’opinion publique avec objectivité et courage, sur l’historique des événements de chaque chahid, l’histoire en a pâti et selon l’avis d’un citoyen moudjahid : « On a trahi leurs mémoires » tout en ajoutant ; « on n’a pas le droit de se moquer des valeureux chouhada ». Dans toutes les tentatives faites pour l’écriture de notre Histoire nationale, il ressort qu’à Bordj-Menaïel, la Révolution nationale de la guerre de Libération de l’oppresseur ne trouve pas encore place dans le monumental- d’où vient le mal ? Qui veut étouffer l’histoire ? Un autre citoyen, fils de chahid avance : « Qu’on nous dise que la région de Bordj-Menaïel n’a pas eu de chahid ni de moudjahid, à ce moment-là, on n’en reparlera plus ».

Kouïder Djouab