La petite ville de Mekla semble devenir active et vivante : « bruits » de bulldozers et de bétonnières reviennent assourdir les oreilles des citoyens : les travaux d’assainissement longtemps attendus sont enfin lancés. Il a bien fallu attendre la fin des travaux d’alimentation en gaz de ville avec ses chantiers qui semblaient s’éterniser au grand dam des usagers de la route qui se voyaient souvent contraints de zigzaguer tout au long des deux bras (deux sens uniques de part et d’autre) de la route qui traversent Mekla en l’encerclant. Maintenant, les gens acceptent mieux de devoir circuler au ralenti, les voitures collées les unes aux autres, à la « vitesse pépère », mais le sentiment général est un grand « ouf » de soulagement. Un citoyen blasé a résumé la situation avec une moue qui en dit long sur la lassitude générale : « Les inondations permanentes à la moindre ondée cesseront enfin, mais n’oublions pas que le macadam a grand besoin qu’on s’en occupe, le goudron ayant déserté les lieux depuis belle lurette. » Les usagers ne se rappellent plus depuis quand les ornières et les nids-de-poule ont cessé de mettre à rude épreuve la suspension et les sièges confortables et moelleux de leur belle voiture. Une chose est sûre : ils se permettront bientôt des amortisseurs tout neufs qui dureront plus longtemps et ménageront les pauvres reins si maltraités depuis longtemps. Le subdivisionnaire, qui dirige les travaux en ayant l’œil à tout et partout, a dû faire appel aux autorités locales (daïra et APC) pour instaurer des déviations de la circulation et déplacer le lieu de stationnement des fourgons des transports de voyageurs, particulièrement ceux de Taourirt Aden et de Ait Frawcène, afin de travailler plus à l’aise. Les services de la Sûreté Urbaine ont été mis à contribution pour gérer la circulation durant la période des travaux, qui, selon le maire, « prendront le temps qu’il faudra pour que cette situation cesse enfin d’envenimer la vie de nos concitoyens ». Le chef de daïra, M. Abid, n’y va pas par quatre chemins : « Dans quelques jours, Mekla ressemblera à une ville au sens propre du terme. J’ose espérer qu’elle n’aura plus à jalouser les autres cités. » Il a bien fallu revoir les panneaux de circulation à l’intérieur de la ville, annuler les sens interdits et faciliter le flux de circulation devenu le lot quotidien, cette route étant la seule permettant de relier le chef-lieu de wilaya. Il a même fallu faire traverser la cour du siège de l’APC à tous les véhicules afin de permettre, entre temps, la pose des buses en travers de la chaussée. Les citoyens et les usagers de la route espèrent que les services des ponts et chaussées répondront à leur espoir de voir « leur route » perdre une bonne fois pour toute ce qualificatif de « piste urbaine » dès que les travaux d’assainissement seront terminés. Certains osent même la qualifier de « route des enfers », et c’est peu dire.
Sofiane Mecherri
