L’opération de retrait des cartes interbancaires lancée par les services d’Algérie Poste piétine dans de nombreuses agences postales. Si dans certains bureaux notamment ceux des petits villages, une certaine célérité est tout de même remarquée, ce n’est pas le cas à la recette principale de Tizi Ouzou. En effet, dans une virée au guichet réservé à la remise de ces CIB, il nous a été donné d’assister à des scènes pour le moins des plus navrantes. Avant l’ouverture de la poste, des centaines de personnes commencent déjà à se constituer en file. Par manque d’organisation, cela se transforme vite en bousculade. «Il faudra avoir beaucoup de force», dira avec ironie cet usager venu de Draâ El Mizan à une cinquantaine de kilomètres au sud du chef-lieu de la wilaya. A l’intérieur, les usagers ne savent plus où donner de la tête quand on sait qu’aucune indication ne leur est donnée. Commence ensuite une autre bousculade. Mais ce qui est encore plus désolant pour toutes les personnes venues retirer leur CIB est que seule une cinquantaine de personnes seront servies. Le guichet est ouvert seulement de 8h à 11h. Ainsi, la grogne et les réclamations sont lancées sans pour autant trouver une oreille attentive à leurs doléances. Les usagers n’ayant pas eu la chance de déposer leurs cartes d’identité doivent rebrousser chemin et revenir le lendemain et peut-être plusieurs fois sans pouvoir récupérer cette CIB. «C’est la troisième fois que je viens ici. Chaque jour, je fais plus de 80 kilomètres en aller retour», lance avec colère un citoyen. Quant aux guichetiers, précisons qu’ils sont, deux à s’occuper de cette tâche, qui demande énormément de temps, il ne trouvent que le moyen de rétorquer aux plaignants d’aller réclamer à la Direction. Au terme de cette réponse, un citoyen leur dira : «Dites à vos responsables que s’ils n’ont pas les moyens de leur politique qu’ils ne la fassent pas». Effectivement, cet autre usager n’a pas tort de nous dire que « moderniser un service, c’est bon, mais le faire dans de bonnes conditions, c’est encore mieux ». Comme notre deuxième interlocuteur, ils sont des centaines qui retournent chez eux peine perdue, après colère et altercations. «Pourquoi toutes ces tracasseries ? Alors que ce genre de travail peut être fait dans tous les bureaux de postes où sont domiciliés les titulaires de CCP. Pourtant, c’est au niveau de ma commune que j’ai le spécimen de signature. Je me demande pourquoi les services d’Algérie Poste ont envoyé ma carte à cette RP», s’interroge un citoyen arrivant d’Aït Yahia Moussa et plus précisément d’un village situé à la limite de la wilaya de Boumerdès. En tout cas, en assistant à certaines scènes, on peut dire que l’usager n’est pas seulement mal servi, mais plutôt malmené. En attendant, les usagers doivent faire preuve non seulement de beaucoup de patience, mais aussi sacrifier une grande partie de leur temps et de leur argent pour leurs déplacements jusqu’à Tizi Ouzou, jusqu’au jour où ils auront cette chance de retirer cette CIB qu’ils n’utiliseront peut-être pas un seul jour quand on sait que nombreux parmi eux ne sauront pas retenir leur code confidentiel en raison de leur illettrisme. A bon entendeur salut !
Amar Ouaramdane
