L’incontournable zaouia

A nos jours, les zaouias mouvementent la vie des Kabyles, beaucoup de gens s’y intéressent. Depuis longtemps la zaouia gardait sa place incontournable dans la quotidien des Kabyles. C’est un lieu de culture où les fidèles s’adonnent aux rituels de la religion musulmans, mais c’est aussi un carrefour de moult activités. La commune d’Akfadou compte une seule et unique zaouia, Sidi M’hamed Rezzag. Le fondateur de cette « Timaâmert », est un musulman pratiquant qui avait consacré toute son existence non seulement pour sa foi mais aussi pour nombre de geste de bien-faisance. En effet, la sainte maison construite sur l’autre colline « Taourirt » a pu servir de premier jalon pour les braves gens, pour, à travers cet espace, aider les plus démunis. « C’est Sidi M’hand Rezzag qui nous a fait notre première Djamaât ici à Akfadou. Nos aïeux allaient jusqu’à Seddouk chez Cheikh Aheddad. Ainsi tant de fidèles sont dispensés du long trajet qu’ils parcouraient à pied », raconte Da Mohand. « On raconte que ce fameux saint était d’une bonté incommensurable. Tout le monde l’aimait. Il avait aussi la baraka, c’était un bon serviteur de Dieu. Lorsqu’il y avait un conflit, les gens de notre région et d’ailleurs, ne se gênent point pour venir chez lui. La clef des dénouements était entre ses généreuses mains », enchaîne le vieil homme. Depuis quelques années, l’ancienne mosquée a été rénovée et le « M’kam » du saint marabout a aussi bénéficié de plus d’intérêt. Les gens peuvent se demander quelle est la place réservée aux zaouias dans l’ère de l’Internet et du développement technologique ?Certes, les temps où les personnes s’acharnaient pour ces lieux de cultes sont révolus, mais leur présence dans la vie des citoyens est omniprésente. D’abord, il y a les fidèles qui consacrent « Timaâmert » pour les prières. En outre, c’est aussi le bien propice majeurs. Comme Tajmaât, cet endroit est une tribune d’expression et de conservation. D’ailleurs beaucoup d’entraves sont effacées à jamais grâce à la structure ancestrale. A l’instar des autres régions de Kabylie la zaouia de Sidi M’hand Rezzag est un point de regroupement lors des célébrations religieuses et autres. C’est ainsi un lieu de pèlerinage où les gens s’y rendent pour la baraka. Les visiteurs sont persuadés que le fait de venir ici va leur porter chance. Certains croient que même des maladies que la médecine moderne peine à guérir, sont curables grâce à Dieu et ses saints. Aujourd’hui, la prière du vendredi se fait dans trois mosquées. Cependant, la fameuse zaouia demeure la première destinée. Même avec le temps les ancienne habitudes persistent et marquent leur forte présence. Pour la nouvelle génération, c’est vraiment absurde de s’y attacher à ces « sorcelleries ». Mais pour d’autres c’est une conviction profonde. « Même l’absurde doit avoir sa propre logique d’exister », écrivait l’écrivain égyptien, Youcef Idrissi dans ses nouvelles « Maison de Chair »?

Mohand Chérif Zirem