L’apport opérationnel des postes de transfusion sanguine relevant des hôpitaux est d’une importance de tout premier ordre pour les services intra-hospitaliers tels que la pédiatrie, la chirurgie ou l’hémodialyse, gros consommateurs de sang et ses dérivés. Les banques de sang de ces structures chargées de la collecte, la conservation et la redistribution de cet « or rouge » restent à un niveau, hélas, désespérément bas en raison de la faible prestation de leur principale activité : la collecte. Le poste de transfusion sanguine d’Akbou n’échappe pas à cette triste réalité. Une moyenne de 150 dons de sang est enregistrée mensuellement. Ce chiffre inclut les donneurs occasionnels, les donneurs réguliers au nombre de 60 et bien entendu, la « contrepartie », qui consiste à solliciter des parents d’un patient des prélèvements, en compensation des pochettes puisées de la banque de sang. En dépit d’une légère amélioration, la collecte reste très en deçà des besoins sans cesse grandissants. Le déficit se fait cruellement sentir en été, période pendant laquelle la consommation de sang est dopée par la recrudescence des accidents de la route alors que la plupart des donneurs émergent aux abonnés absents. C’est que le don de sang, ce geste vital, qui fait appel à la générosité du donneur, n’est pas ancré dans les moeurs. Les campagnes de promotion du don de sang menées par voie d’affichage notamment et les collectes mobiles organisées par l’équipe médicale du centre, n’ont pas donné de résultats concluants. La fidélisation d’un nombre suffisant de donneurs, seul gage de la disponibilité du sang, semble tenir de l’utopie. Les médecins s’égosillent vainement à rappeler l’absence de risques liés au don de sang. Le prélèvement est indolore et entouré de toutes les précautions d’aseptie (matériel à usage unique). L’organisme humain, machine à fabriquer le sang, récupère en quelques heures seulement les 350 cc de volume prélevées. Le candidat au don présentant une quelconque contre-indication est, en outre, systématiquement écarté. La qualification du sang prélevé n’intervient qu’après avoir subi différents examens objectivant le dépistage sérologique d’une multitude d’agents pathogènes, sécurité transfusionnelle oblige, la législation en vigueur impose que le sang soit reconnu indemne de toute contamination par les virus du Sida, de l’Hépatite B et C avant sa redistribution vers les services demandeurs.
Nacer Maouche
