Le tunnel de Kherrata qui a été inauguré durant les années 80 a été accueilli par les usagers de cette route avec une grande satisfaction puisqu’il a vraiment dégagé les embouteillages et les chaînes interminables, qui se formaient au niveau des gorges de Chabet-El-Akhra, et a permis une meilleure fluidité du trafic routier. S’agissant d’un passage obligatoire, surtout pour les commerçants de gros, qui s’approvisionnent directement, soit du port de Béjaia ou de celui de Jijel, la Route nationale n°09 était et demeure un axe vital, reliant la ville de Béjaia et celles avoisinantes surtout celles des Hauts-Plateaux. Aujourd’hui ce tunnel qui s’étale sur une longueur de 5 km reliant Kherrata à Bordj Mira ne réunit pas les conditions nécessaires pour un passage sans dégâts. A l’intérieur, la visibilité est médiocre et gare à celui qui a une faible acuité visuelle. Les ventilateurs qui sont censés dégager les fumées semblent ne pas le faire d’une manière efficace et malheur à celui qui tombe en panne à l’intérieur de ce tunnel, car les nuages de gaz carbonique peuvent facilement l’asphyxier. Les chiffres recensés du nombre d’accidents se produisant à l’intérieur de ce tunnel et qui ne cessent d’augmenter sont alarmants et ce, malgré la présence d’un poste permanent des éléments de la Gendarmerie nationale, qui faut-il le souligner depuis leur installation veillent jour et nuit sur la sécurité des usagers de cette route, et surtout prévenir les contrevenants, en particulier les chauffeurs de poids lourds, qui ont été sommés dernièrement de passer par les gorges et ce, pour permettre une fluidité de la circulation. En hiver, le tunnel de Kherrata en raison d’infiltration des eaux pluviales en grande quantité et à plusieurs endroits, ce qui augmente les risques de dérapage et rend la chaussée très glissante. Des travaux d’étanchéité ont vu le jour enfin pour stopper ces infiltrations. On vient d’apprendre aussi que des caméras de surveillance vont être placées pour minimiser les dégâts et punir les contrevenants. Malgré les travaux d’entretien qui se font à longueur d’année et malgré les efforts fournis par les responsables des travaux publics, pour parer aux insuffisances et apporter les améliorations nécessaires, beaucoup de choses restent à faire. Le tunnel de Kherrata reste un danger certes réel pour les automobilistes qui l’empruntent, mais le citoyen dans tous les cas de figures, a une grande part de responsabilité, car le civisme, l’éducation et le respect de la loi, peuvent éviter l’irréparable.
Smaïl Chenouf
