Le Centre d’enfouissement technique intercommunal en projet à Tala El Vir à l’ouest de Boudjellil, et au centre d’une controverse, qui dure depuis des mois, est maintenant définitivement voué à l’abandon. Ce projet, auquel l’Etat a alloué plus d’un milliard de centimes, pour recevoir les déchets des communes de Ath Mlikech, Tazmalt, Boudjellil et Ighil Ali et circonscrire par ricochet, une faune de décharges incontrôlées qui ont proliféré à travers la commune, est bloqué par les citoyens alors qu’il connaît un taux d’avancement évalué entre 80 et 90%. Au bout d’une contestation, qui a fait effet boule de neige, les opposants au projet, qui ont lancé une pétition signée par des centaines de citoyens, ont demandé littéralement le départ de l’entreprise qui n’avait d’autre choix que de quitter les lieux. L’APC, qui a reçu une délégation des contestataires de Tala El Vir et de Béni Mansour, affirme, d’une part, devoir être à l’écoute des dissidents et éviter d’éventuels dérapages pouvant résulter d’un quelconque bras de fer avec eux, et d’autre part, qu’elle n’a pas été associée à la décision de retenir un tel projet. Les raisons agricoles et écologiques sont les arguments mis en avant par les anti-CET pour gratifier leur attitude en plus du fait que l’assiette de terrain choisie est une propriété privée. Le maire, que nous avons interrogé sur ce problème, n’a pas caché ses appréhensions sur une hypothétique mauvaise exploitation de cette énorme décharge souterraine controversée. Pour lui, une gestion correcte de cet immense cimetière d’ordures passe impérativement par la dotation du projet de moyens tels que les bennes tasseuses. Les opposants au projet intransigants préfèrent camper sur leurs positions, refusant l’offre du dialogue lancée par le chef de daïra et s’entêtant à admettre qu’un tel projet est un moyen des plus modernes pour une collecte organisée et rationnelle des déchets. Pour le chef de daïra, M. Bouziz Salah, “le CET peut être pourvoyeur d’emplois d’autant qu’avant d’enterrer les ordures, on peut procéder au tri des différents matériaux déversés en vue d’un recyclage”. M. Saâdi Salah, président de l’Association nationale pour la promotion et le développement rural doit être d’accord pour l’option d’un CET mais sur un autre site. La situation, qui a eu tout le temps de se corser, ne laisse entrevoir aucune issue.
Z. F.
