A Tazmalt où les infrastructures collectives sont inexistantes, à l’exception de la Maison de jeunes, les responsables tentent tant bien que mal de satisfaire aux besoins de toute une jeunesse livrée à elle-même sans une réelle prise en charge. Dans cette ville où l’eau manque dans certaines cités seulement, les rues sont sales et les trottoirs sont transformés en décharges, et les jeunes ne trouvent pas d’emploi. Les seuls endroits de leurs rencontres restent les cafés. Le système scolaire, dépassé par le volume des effectifs n’assure plus l’encadrement idoine. L’emploi est un rêve, ces jeunes, exclus de l’école ne sont pas dégagés des obligations militaires ; ils sont partagés entre la rue, le café et le logement familial où règne le conflit de génération. L’enfant est très vite chargé de responsabilité. En fait, il devient adulte sans transition et ceux qui ne s’intègrent pas assez vite sont considérés comme coupables de tous les maux sociaux. On peut déplorer ces réflexes d’assistés, mais toute initiative est non pas favorisée mais découragée, muselée, voire réprimée. « Débrouillez-vous mais ne faites rien », semble-t-on leur dire. Hantés par ces séries de suicides, d’assassinats, de vols, d’agressions en plein jour, de la drogue qui se vend au vu et au sur de tous, de l’alcool et tous les b… en plein air, le rêve n’est pas permis aux jeunes Tazmaltais pour qui le quotidien est devenu un cauchemar.
Achiou Lahlou
