l Si, sous d’autres cieux, la culture est un élément vital pour l’épanouissement de l’être humain et bénéficie d’une attention particulière, chez nous, elle n’est considérée que dans un cadre occasionnel. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la localité de Si Mohand Oumehend, réputée jadis comme étant le carrefour des grands artistes par excellence, tels que AÏt Menguellet, Lounès Matoub… et a enfanté une multitude de talents de renommée, à l’instar des cheikhs Nordine, Hcène Mezzani, Dalil Omar, Hacène Ahrès, Rabah Ouferhat, etc… dégage depuis des années un constat amer et une réalité déconcertante sur le plan culturel imposé au vécu des Ath Yirathen qui ne comprennent plus le pourquoi de ce silence devenu assourdissant de la part des responsables ayant la charge de ce créneau. En effet, depuis la fermeture en 2001 de l’unique salle de cinéma L’Afrique, que compte la ville, qui fait aussi office de salle de spectacles, suite aux foudres subies par les douloureux évènements du Printemps noir, il faut dire que la culture est le parent pauvre dans cette cité. Selon le gérant de cette salle, sa réouverture n’est pas pour demain, suite à la confrontation aux tracasseries administratives à tous les niveaux, y compris les pouvoirs publics locaux qui ne bougent pas le petit doigt. Selon le même interlocuteur, le wali aurait donné des instructions pour mettre à jour dans les délais la situation administrative de ce cinéma, mais peine perdue. « Les autorités locales veulent noyer le poisson dans l’eau, en me demandant neuf années (9) d’arriérés de loyer, alors que la salle n’a pas fonctionné pratiquement depuis les évènements de 1998 », se désole-t-il encore. Mis à part le Centre culturel Hcène-Mezzani qui essaie, tant bien que mal à combler un immense vide culturel de temps à autre, dans certaines occasions de fêtes ou de planches pour le théâtre amateur…, aucune autre institution n’a, à ce jour,daigné répondre aux vœux des milliers de jeunes avides de sensations et d’espaces culturels. Cette absence de culture a engendré inévitablement une dégradation de mœurs sans précédent et une délinquance juvénile. Il faut savoir aussi qu’une région à forte concentration populaire, comme l’ex-Fort National qui, comble du paradoxal, ne dispose pas de salle de spectacle digne de ce nom ou autres lieux favorables à l’enrichissement pédagogique et scientifique de ses étudiants, est en soi une aberration et un déni, pour ne pas dire une interdiction d’accès au savoir et à la culture. Bien qu’une bibliothèque existe bel et bien au Centre culturel pour les collégiens et lycéens, aucun programme par ailleurs, ne pointe à l’horizon pour son enrichissement, notamment sa gestion.
S. K. S.
