Rapatriement des ossements du chahid Yahiaoui Yahia

C’est en collaboration avec la famille Yahiaoui, des autorités locales de Tamokra, ainsi que celles de Bouhamza, qu’a eu lieu le rapatriement des ossements du chahid Yahiaoui Yahia du village Boutouab au carré des martyrs de son village natal Mahfouda, et ce à l’occasion du 47e anniversaire de sa mort coïncidant avec le 44e anniversaire de l’Indépendance. C’est à l’initiative de ses deux fils, soutenus par une assistance nombreuse composée notamment des compagnons de combat du chahid pendant la guerre, des moudjahidine et fils de chouhada, et des autorités locales de Tamokra et Bouhamza, qu’un long cortège s’est formé à partir de la mairie et s’est dirigé vers le cimetière. Là, une minute de silence fut observée sous un soleil de plomb à la mémoire des valeureux martyrs de la nation, suivie d’une levée des couleurs; du dépôt d’une gerbe de fleurs, et de la lecture de la Fatiha, avants sa mise en terre avec ses frères de combat. « Ce grand homme est considéré comme principal guide désigné par le colonel Seddik Oumehfi », nous dira M. Abdelkader Ait Eldjoudi qui nous a donné un aperçu historique sur la vie du chahid ainisi que son rôle dans la lutte armée dans la région. Né en 1911, à Mahfouda (Imahfoudhen), wilaya de Béjaïa, Yahiaoui Yahia s’est engagé dans le combat libérateur, selon le témoignage de Ammi Cherif M’hend. Dès 1954, jusqu’à la date de sa mort, le 26 juillet 1959, dans une embuscade tendue par les forces coloniales à Boutouab, une bourgade relevant de la commune de Tamokra, sous les rafales et bombardements des hommes du général Maurice Challe, qui avait mené, à l’époque, avec le colonel Bigeard, la fameuse opération « jumelle » ayant ciblé la wilaya III, où des centaines de fidèles sont tombés en héros au champ d’honneur. D’autres témoignages ont été rapportés par Ammi Cherif, ce vrai compagnon du chahid, et qui avait même procédé à sa mise en terre sous d’intenses bombardements. Ces témoignages ont mis en exergue sa tenacité au combat, ainsi que ses qualités d’homme caractérisées par son courage, sa grandeur d’âme et son sang-froid durant les batailles livrées en compagnie des moudjahidine contre le colonialisme français. Quant à la famille du chahid, ses deux fils et le neveu (Yahia) qui porte d’ailleurs son nom, se disent très contents de l’apport des gens du village Boutouab qui ont préservé cette tombe des années durant, de l’APC de Tamokra et de tous les témoignages rapportés, concernant le chahid que Dieu ait son âme. Ils ont remercé vivement tous ceux qui ont assisté à cette grandiose cérémonie.

Mourad Boughanem