« Nous allons sévir contre les commerçants qui polluent la ville »

A la fin de la visite l’ayant conduit à travers certains quartiers de la ville de Tizi Ouzou, El Hocine Mazouz a tenu une réunion d’évaluation au niveau du siège de la wilaya et au cours de laquelle plusieurs directives et orientations ont été données à ses subordonnés et aux élus. Le wali, après une remarque devant un restaurant se situant au niveau de l’ex-marché de gros de Tizi Ouzou, a soulevé avec insistance le problème des décharges et de pollution que provoquent certains commerçants. « C’est honteux que des commerçants exposent anarchiquement leurs poubelles sur les trottoirs. Nous sommes dans une ville. Cela exige des règles de conduite à observer », déclarait le wali. Il a ordonné d’imposer aux commerçants, particulièrement les restaurateurs, de s’équiper de poubelles et de respecter les règles d’hygiène et de l’environnement. Faute de quoi, les autorités séviront. « Proposez-moi des arrêts de fermeture et je les rendrai effectifs », martèle-t-il. Par ailleurs, le wali a soulevé le problème des trottoirs et des espaces publics qui sont squattés par des commerçants. Pour parer à cet autre mal, le wali a promis de sévir dans les jours à venir.

L’éducation réclame ses infrastructuresLes deux principaux lycées de Tizi Ouzou, à savoir El Khansa et Amirouche, sont sinistrés. Il y a une forte probabilité qu’ils soient démolis, vu le mouvement du sol. La décision finale sera prise après la fin de l’étude engagée à cet effet. Tizi Ouzou a bénéficié d’un nouveau lycée d’une capacité d’accueil de 1 000 places pédagogiques, qui sera implanté au niveau de l’ex-marché de gros de la Nouvelle-Ville. Le wali a demandé de réduire les délais de réalisation, de 14 à 8 ou 9 mois. La ville de Tizi Ouzou a besoin en urgence de lycées. Pour parer à cela, le P/APW et les responsables de l’éducation ont proposé la restitution de leurs locaux, à l’exemple de l’Institut des langues étrangères, cédé par le passé au secteur de l’enseignement supérieur. Après la réalisation d’une nouvelle université à Tamda et l’extension de l’université Mouloud-Mammeri, ces responsables ont vu qu’il est temps de récupérer ces infrastructures au profit de leur secteur qui en a grandement besoin.

Le wali lancera des concours d’idéesLe wali a déploré la mauvaise exploitation du périmètre de l’ex-marché de gros de la Nouvelle-Ville, qui s’étend sur plusieurs hectares. L’on a prévu la réalisation d’une dizaine d’équipements publics. Il a ordonné de refaire l’étude de l’exploitation de cette nouvelle zone. Il a aussi soulevé les carences dans la qualité de l’urbanisme qui, à ses yeux, est médiocre et dépassé. Il a proposé d’organiser des concours d’idées ouverts à toutes les parties. Il a, par exemple, proposé d’associer des pédagogues après la conception du plan architectural des établissements scolaires. « Toutes les villes se modernisent, pourquoi pas Tizi Ouzou ? », déplore-t-il et d’enchaîner : « Sortez de cette médiocrité. Faites appel à votre imagination, pensez à bien réaliser et rentabiliser les réalisations ». A la place d’une bibliothèque qui sera une annexe à celle d’El Hamma (Alger), le wali a proposé d’élargir le projet et de le transformer en une médiathèque.

Absence de coordination et des projets qui traînentLe wali ne cesse de soulever des remarques. Parmi celles-ci, il déplore le manque de coordination entre les différents services et les différentes parties qui participent à la gestion des affaires de la wilaya. « A Tizi Ouzou, je découvre des problème que je n’ai jamais vu ailleurs, dans les autres wilayas où j’ai exercé », fulmine-t-il. Et d’enchaîner : « Il est temps d’assumer les choses et de s’y mettre avec beaucoup de cœur ». Il a dénoncé la politique de gestion-bricolage et l’improvisation qu’il faut bannir définitivement. Il a déploré la traîne de beaucoup de projets, pour des raisons futiles mais aussi la non-maîtrise du foncier et le non-suivi des bureaux d’études. Pour parer à tous ces dysfonctionnements, il a invité ses subordonnés à déployer plus d’efforts pour mieux maîtriser la gestion et instaurer un meilleur mécanisme de coordination entre les différentes parties, en vue de développer la wilaya.

Mourad Hammami