Les recalés n’ont pas droit au recours

Après le retard, dont ont longtemps souffert les nouveaux bacheliers de Bouira n’ayant pas pu obtenir leurs attestations de réussite qu’à la mi-journée du 11 juillet, soit à quelques jours seulement de la clôture des inscriptions, alors que les proclamations des résultats ont été faites le 03 du même mois, à présent, c’est au tour des recalés au baccalauréat de subir d’autres inconvenances de la part des responsables de l’éducation et ceux de l’Office régional des examens et des concours de Béjaïa en particulier. En effet, cette catégorie de candidats, n’ayant pu avoir un dix de moyenne à l’examen leur permettant d’accéder à l’université ou de suivre des études supérieures, n’a nullement le droit de présenter un quelconque recours concernant les notes obtenues au baccalauréat. Autrement dit, tout candidat recalé, ayant remarqué un ou des anomalies sur son relevé de notes, ne peut en aucun cas introduire un recours auprès de l’Office du bac pour demander la révision de ses copies ou carrément une nouvelle correction, comme cela se faisait, il y a quelques années. Certains candidats, ayant échoué au bac et insatisfaits des résultats mentionnés sur leur bulletin de notes, se sont présentés à l’académie de Bouira pour s’informer sur la démarche à suivre en vue de déposer des recours mais en vain. On leur a juste répondu qu’ »il n’y a pas de raison de formuler des recours quelle que soit leur nature car aucun ne sera accepté ni pris en considération au niveau de l’Orec (Office régional des examens et des concours) de Béjaïa », affirme le candidat Akil Samir (filière lettres et sciences humaines), du village Tikboucht qui était passé dans notre bureau en compagnie de son parent pour nous relater les faits. Pour le père, la décision de ne plus accepter de recours est une chose inadmissible de la part des instances éducatives du pays, car « c’est un droit qui existe partout dans le monde pourquoi pas chez nous », s’indigne le parent de l’élève. Celui-ci soutient, par ailleurs, tout en exhibant le relevé de notes de son fils et sur lequel est mentionnée une moyenne générale de 09,98/20, que la note d’histoire-géographie portée sur le bulletin de l’examen (07,50/20) est loin de refléter les réponses fournies par le candidat qui ne s’attendait nullement à avoir moins de 15/20 en ce qui concerne cette matière. Car, argumente-t-il : « Les professeurs à qui j’avais remis mes brouillons étaient unanimes que ma note en histoire-géographie n’allait pas descendre au-dessous de 14/20 et je me retrouve avec un 07,50. Chose que je ne saurai tolérer ». Qui a tort, qui a raison ? On ne le saura peut-être jamais tant que les responsables de la tutelle ont décidé qu’il n’y aurait plus de recours en ce qui concerne le baccalauréat en Algérie. Là aussi, il y a matière de s’interroger sur le respect des normes internationales, sur ce point précis et sur ce qui est stipulé par l’Unesco et autres Organisations du genre à propos du droit au recours au baccalauréat et des recours aux examens d’une manière générale.

Anis S.