l Un incendie est souvent qualifié de catastrophe. Qu’il soit provoqué ou naturel, il engendre des pertes en vies humaines, la destruction du patrimoine forestier et anéantit des plantations entières s’il se déclare à proximité de villages. La conservation domaniale, structure régissant le patrimoine forestier, consciente de l’ampleur de sa dégradation, a inscrit dans son programme de travail les opérations de reboisement et d’assainissement (travaux sylvicoles), de réalisation de puits et création de pistes agricoles. Pour mener à bien sa tâche, cet organisme d’Etat a fait appel à des bureaux d’études privés spécialisés dans les travaux forestiers. Le plan d’action tracé par la Conservation des forêts domaniales est remis aux prestataires, lesquels doivent le réaliser sur le terrain. Le coût d’une plantation en arbres forestiers, variété chêne-liège ou pin maritime, revient auprès des pépiniéristes à pas moins de 110 000 dinars/ha (marché 2005). Sont rajoutées à la facture du prestataire les opérations de repiquage et binage du plan. Mais là où l’information choque et bouscule les consciences, c’est lorsqu’on examine la période allant de 2000 à 2003. Des centaines d’hectares d’oliviers ont été renouvelés, suite au ravage occasionné par les incendies qui se sont déclenchés simultanément (800 incendies). Les pépinières avaient réalisé à cette période le gros lot, ils cédaient le plan d’olivier à 350 DA au prix de gros. Les volontariats forcés n’existent plus, tout service se paie, et chèrement, la vigilance peut éviter de tels gâchis. La pire désolation n’est-elle pas celle où l’on voit son argent partir en fumée ?
A. Chérif
