Fin du stage des enseignants de Tamazight

Après une semaine chargée et consacrée essentiellement à l’élaboration d’un canevas portant sur la démarche à suivre dans l’élaboration d’un projet pédagogique, le stage organisé par le Haut Commissariat à l’Amazighité en collaboration avec le ministère de l’Education nationale au lycée Annani (Iheddaden), dans la wilaya de Béjaïa, a pris fin jeudi dernier. En effet, les 141 stagiaires conviés à cette rencontre n’ont ménagé aucun effort pour mettre en œuvre les orientations et autres connaissances théoriques présentées par les différents communicants, que ce soit les inspecteurs de cette langue ou les enseignants universitaires des deux départements de Tizi Ouzou et de Béjaïa. Alors, les cinq groupes installés dès le premier jour du stage et qui ont travaillé parfois jusqu’à une heure tardive de la nuit, ont présenté en plénière leurs travaux. Le débat fructueux autour de cette problématique de l’enseignement par projet a débouché sur un consensus des séminaristes sur la démarche appropriée à suivre et à mettre en pratique dés l’entame de la prochaine rentrée scolaire. De leur côté, les organisateurs de ce séminaire ont pris la louable initiative de confectionner des brochures contenant les différentes communications présentées à cette circonstance. Tous les stagiaires ont alors eu droit à un exemplaire que chacun pourra consulter et revoir avec plus d’intérêt. En somme, cette rencontre a été l’occasion d’un échange d’expériences et d’idées et parallèlement une opportunité de soumettre aux cadres du HCA et autres responsables présents les difficultés auxquelles sont confrontés ces enseignants. « J’habite Adekar, et j’exerce à Béni Maouche. J’effectue quotidiennement des déplacements d’une extrémité de wilaya à une autre alors que je n’ai pas encore perçu un seul salaire depuis mon installation », nous laisse entendre Jedjiga, une jeune enseignante licenciée en Tamazight. En sus des préoccupations socio-professionnelles, ces éducateurs ont soulevé d’autre difficultés qui relèvent du domaine pédagogique. Globalement, l’engagement et le dévouement affichés par ces jeunes enseignants ne sont pas sur le point de freiner l’élan pris par cette langue qui enregistre crescendo une forte progression tous niveaux confondus. L’assiduité des stagiaires et leur implication dans les travaux programmés en est la parfaite illustration qui prouve une fois de plus que les convictions personnelles ne peuvent en aucun cas être associées ou dépendre d’un intérêt pécunier. Une satisfaction a été alors affichée par les séminaristes qui sont unanimes à nous affirmer que cette rencontre a été d’un apport considérable. Voici les impressions des stagiaires que nous avons apostrophés juste à leur sortie de l’amphithéâtre de la structure d’accueil :N. Rebhi, enseignante à Béjaïa : « Ce séminaire nous a permis de nous concerter et échanger nos expériences. C’est une opportunité aussi pour nous de tracer une démarche commune à suivre ». H. Tamsawit enseignant à Bouira : « Franchement, cette rencontre nous a montré le chemin à suivre et a levé tous les équivoques. Je remercie virement les organisateurs et initiateurs de ce regroupement tout en rendant hommage à l’encadrement de proximité ». Didouche, enseignante à Tizi Ouzou : « Cette rencontre a ciblé effectivement ce de quoi nous avons besoin, à savoir le volet pratique : les travaux d’ateliers ont été d’une grande importance. Nous remercions les initiateurs de cette action tout en souhaitant que notre situation socio- professionnelle rentre aussi au centre des débats. Notons, enfin, que dans l’après-midi du jeudi, une croisière a été organisée au profit du personnel encadreur de cette rencontre. Cette tournée en mer a eu lieu grâce aux efforts de Abdelamlek Beldjoudi, en sa qualité d’inspecteur de Tamazight dans le wilaya de Béjaïa et directeur pédagogique de ce stage. Cette détente n’a malheureusement pas fait profiter les stagiaires étant donné que le premier responsable du port, Tahar Ben Saada en l’occurrence, qui a fait de son mieux à l’effet de répondre favorablement aux doléances du responsable du séminaire n’a pu mettre à sa disposition le nombre suffisant de bateaux à même de pouvoir associer l’ensemble des séminaristes.

M. Smail