A l’heure des nouveaux plans de circulation routière, les embouteillages semblent devenir des phénomènes inévitables même sur les grands axes routiers de la wilaya de Béjaïa, dus vraissemblablement à une croissance du trafic routier en cette période estivale, mais qui, il faut le dire, n’a pas atteint son maximum. A l’instar des centres urbains, la guerre contre la paralysie du trafic est même déclarée, il semble aussi que son contrôle tient du casse-tête. A priori, c’est l’explosion du trafic des poids lourds qui sature les routes nationales, les rendant engagées, surchargées et asphyxiantes. Les mesures prises par les autorités concernées pour fluidifier l’axe routier de la côté-est, notamment la RN 9, par l’interdication de circulation aux transporteurs de marchandises avant la tombée de la nuit, ont des retombées directes sur un autre axe qui n’est pas de moindre importance, celui de la RN 75, reliant Béjaïa à Sétif via Amizour et Bouandas. Ayant une même destination vers la wilaya de l’est, la RN 75 est devenue à fortiori un échapatoire aux routiers de la RN9 pour éviter la plus grande attente qui leur est infligée par un nouveau plan de circulation au niveau de cette région balnéaire. Les vétérans de la route se souviennent sans doute de l’été dernier, suite à la fermeture du tunnel d’Aokas ayant provoqué un immense embouteillage et les plus malins des routiers faisaient le détour par cette route nationale moins fréquente en temps normal. Un chaos automobile évité fort heureusement aux centaines de véhicules de tout genre qui n’avaient le choix que d’emprunter la RN 75 afin d’économiser et le temps et l’argent, et ce, en dépit d’une chaussée gravement dégradée. Les responsables du transport et des travaux publics n’ont pas tiré les leçons du passé pour accélérer les travaux qui vont dans le sens de la modernisation de cette route soit-disant nationale. Le début des travaux prévu pour cet été, est reporté aux calendes grecques et la dégradation s’accentue avec le passage en excès d’un trafic des poids lourds qui passe par là. A vrai dire, on constate un vrai cercle vicieux, puisque comme l’état délabré de la route, la forte circulation des grands transporteurs de marchandises est aussi à l’origine des grandes files de voitures qui roulent au ralenti derrière les poids lourds qui dévalent cette zone montagneuse. Aussi, les chassés-croisés, qui passent péniblement, provoquent des nuages de poussière qui vont droit vers les poumons des nombreux riverains. Ainsi, la chaleur, l’empressement sont quelquefois derrière le changement d’attitude de certains automobilistes qui cherchent coûte que coûte à trouver un passage en usant de manœuvres très dangereuses comme les dépassements en plein virage. Aussi, l’absence totale d’agents de l’ordre sur ce trançon a fait en sorte que les aventuriers et les chauffards sont maîtres sur les lieux. Afin d’éviter les conséquences néfastes de ces bouchons, il faut une prise de conscience individuelle et collective. La modernisation de cette route est inéluctable pour optimiser le flux automobile. Garder son sang froid est aussi une autre mesure à prendre.
Nadir Touati
