La culture aux abonnés absents

Force est de constater que la daïra de M’chedallah, située à une cinquantaine de kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya de Bouira, offre un visage hideux en termes d’animation culturelle. La saison estivale, sensée être un rendez-vous pour ce genre d’activités semble, cette année, rater sa sortie. C’est du moins l’avis des citoyens qui y vivent, et plus particulièrement les jeunes qui se trouvent, tout simplement livrés à eux-mêmes. Les infrastructures culturelles sont ce qui manque diront les uns, mais pour les autres, c’est plutôt l’inaction et la passivités des associations et des autorités compétentes dans ce domaine qui ont généré ce désert culturel. Les jeunes et parmi eux les activistes issus du mouvement associatif sont unanimes à dire que les conditions qui prévalent dans la région ne permettent pas un éveil en la matière ; car selon eux « il n’y a ni subventions d’Etat et encore moins d’infrastructures pouvant accueillir des activités de quelque importance soient-elles ». En effet, le manque d’infrastructures est plutôt chronique à l’échelle de toute la daïra. Les quelques centres culturels et maisons de jeunes existants sont totalement désertés. Quant aux associations culturelles, dont on dénombre au moins une dans chaque village, elles semblent réduites à quelques activités sporadiques et occasionnelles. On cite entre autres, l’association « Tidets » de Raffour qui continue à susciter l’intérêt des gens dans ce village, pourtant connu pour son engouement à la culture et qui chaque année ne manque pas de meubler le temps par différentes festivités. En fait, il n’est un secret pour personne que la culture est le parent pauvre dans notre pays. Cependant, il est du devoir de chacun et, plus particulièrement, des Autorités chargées de la gestion de ce domaine dans la région, de prendre les choses en main et mettre un terme à ce désert culturel qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Lyazid Khaber