La protection du bassin versant à l’étude

Parallèlement aux travaux de construction du barrage de Koudiat-Acerdoune, situé dans la commune de Maâlla, daïra de Lakhdaria, confiés à l’entreprise française Razel, Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) il a été lancé une étude relative à la protection du bassin versant du futur barrage. Cette étude a été entreprise en septembre 2005, par le bureau d’études canadien, TECSULT, suite à un appel d’offres international. Le barrage de Koudia- Acerdoune, dont les travaux ont bien avancé sur le terrain, est situé sur le cours de l’oued Isser, sur les hauteurs de la ville de Lakhdaria. Sa capacité de rétention est de 640 millions de m3. Les eaux seront distribuées au profit de l’extrémité ouest des wilayas de Bouira, Boumerdès, Alger et Médéa. Du point de vue capacité, il est considéré comme le 2e barrage d’Algérie après celui de Beni Haroun (wilaya de Mila), lequel est d’une capacité de rétention de 940 millions de m3. Le bassin versant du barrage Koudiat- Acerdoune s’étend sur une superficie de 2 831 m2 dont 85% sont situés dans la wilaya de Médéa et 15% dans la wilaya de Bouira. Les terres constituant le bassin versant du futur barrage font partie du massif de l’Atlas blidéen et des monts du Titteri, faisant limite avec les Hauts-Plateaux du Centre. Les dernières pluies qui se déversent dans ce territoire proviennent des crêtes de Kef- Lakhdar (sur les hauteurs de Aïn-Boucif) et du mont Dirah (commune de Sour El-Ghozlane). L’intérêt manifesté par l’ANBT pour une étude de ce genre est certainement dû aux leçons tirées des expériences passées où des ouvrages de grande importance, qui ont coûté des milliards de dinars à la collectivité se sont révélés pratiquement hors service, suite au phénomène d’envasement (voir les exemples du Ksob à M’sila et de Djorf Torba à Béchar). L’étendue du bassin versant de Koudiat-Acerdoune se caractérise par sa diversité en matière d’occupation du sol (agriculture, habitations, forêts, parcours, maquis) et par une activité humaine importante. De plus, une partie de ce territoire a souffert de la « décennie rouge », période pendant laquelle son couvert végétal a subi d’énormes pertes engendrées par les incendies. Et c’est pourquoi l’étude confiée à TECSULT revêt un caractère stratégique pour évaluer l’érosion du sol et préconiser des mesures pratiques pour limiter ce phénomène dans le but d’assurer la bonne qualité de l’eau du barrage et la durabilité de l’ouvrage.

Amar Naït Messaoud