Tout comme chaque année, à cette période précise, il est difficile de se frayer un passage pour accéder au service d’état civil. En effet, dès 7 heures du matin, des centaines de personnes commencent à former des chaînes devant le grand portail de la mairie pour pouvoir s’inscrire sur les listes ouvertes pour la délivrance de papiers administratifs. Certes la commune de Draâ El Mizan est la plus peuplée de la daïra qui comporte trois autres municipalités (Aït Yahia Moussa, Frikat et Aïn Zaouia) mais le problème réside surtout dans le fait que des milliers de naissances y ont été enregistrées en raison de celles ayant eu lieu à l’hôpital. « On ne reçoit pas seulement ceux qui sont de la commune mais aussi ceux des autres communes environnantes. Il y a même les personnes de Bouira qui y sont nées. S’agissant des inscriptions à l’université, c’est par exemple l’acte de naissance n°12 (commune de naissance) qui est demandé » nous a confié un fonctionnaire qui a requis l’anonymat. Et d’ajouter : « Chaque demandeur veut avoir jusqu’à dix exemplaires ». Dans le hall de l’état civil, c’est la bousculade. On entend des cris de partout même si le personnel fait son travail de façon tout à fait normale. Un autre fonctionnaire dira à ce sujet : « Il faudrait l’extension du siège ou réaliser une annexe spéciale qui va se charger de la délivrance des papiers administratifs ». Pour ce deuxième interlocuteur, si cette période revêt un cachet un peu particulier, cela ne veut pas dire que le reste de l’année, les agents de l’état civil roulent les pouces. Du côté des usagers, c’est une grogne au quotidien. « Imaginez que j’ai fait le trajet de mon village de Cherifi d’Aït Yahia Moussa, à quelques trente kilomètres, pendant quatre journées consécutives, sans pour autant me faire délivrer toutes les pièces dont j’ai besoin », fulmine l’un d’eux. Notre premier interlocuteur nous a fait savoir qu’il est impossible de décentraliser car à titre d’exemple, les actes de naissance et de décès enregistrés dans la commune de naissance ne peuvent être transférés ailleurs. Pour tous ceux qui ont besoin de ces pièces, la patience est de mise.
Amar Ouramdane
