Pas comme les autres, parce que tout simplement, il faut voir les conditions lamentables dans lesquelles végète ce club, pour se rendre compte que seule la volonté et l’abnégation des athlètes, et des différents membres des staffs technique et dirigeant ont rendu encore possible sa survie. «Nous sommes un club formateur mais également une équipe de performance, puisque nous avons à chaque fois démontré lors des compétitions que nous sommes les meilleurs.» nous dira le premier responsable technique du JCO, Mourad Moukah un technicien qui a déjà formé des dizaines de championnes. La dernière moisson du club en Championnat et Coupe d’Algérie en est la parfaite illustration.. Le JCO est sacré champion d’Algérie en cadets et juniors filles et s’est offert le doublé, Coupe et Championnat en juniors filles. Lors de la dernière Coupe d’Algérie qui s’est déroulée à Tigzirt, les juniors filles du JCO ont confirmé leur titre de championnes en arrachant le trophée de Dame coupe devant les meilleures formations du pays. Depuis 1998 cela est devenu une tradition chez le JCO dans cette compétition. Mais malheureusement, c’est toujours l’histoire qui se répète. Le JCO domine en long et en large les compétitions chez les jeunes catégories mais en ce qui concerne les catégories supérieures, les filles ne peuvent plus rien donner. Elles ont un besoin pressant en moyens, que seuls les clubs les plus huppés du pays, à l’image du MCA et de l’USMA semblent capables d’offrir. Et c’est la grande déperdition. Les noms de Mekzine, Ouerdane, Latrous toutes championnes d’Afrique depuis des années avec l’EN, ont toutes enfilé leur premier kimono sous les couleurs du JCO. Les trois dernières étoiles montante du club, Founes, Feddi et Fettat sont convoitées par ces deux clubs. Leur départ est quasi certain, vu que leur équipe actuelle ne peut plus les prendre en charge. «Puisque le judo est un sport olympique, cela nécessite beaucoup de moyens. L’Etat doit donc intervenir au plus haut niveau pour aider ce sport, parce que ce que nous recevons des autorités locales est insignifiant, au vu des objectifs des clubs. Ce ne sera qu’une juste récompense pour tout ce qu’a donné le judo pour le sport algérien», ajoute l’entraîneur du JCO. Pour lui il est inconcevable de parler de sport, lorsqu’une équipe comme la sienne reçoit une subvention de 15 millions de centimes pour l’année, alors qu’un simple déplacement coûte 12 millions. «Lors de la dernière Coupe d’Algérie à Tigzirt on a arraché le doublé mais c’était en catastrophe. Il a fallu attendre la veille pour que la DJS nous dégote une place pour nous héberger à Tizi Rached. Après le titre on a eu droit à des pizzas pour le dîner». cet exemple à lui seul résume l’état de détresse dans lequel se trouve le club, que Moukah résume en cette phrase. «Nous faisons de la résistance pour que le JCO ne disparaisse pas». Le dojo japonais, l’autre problème Un autre problème vient se greffer aux maux, déjà nombreux du club. C’est l’affaire du dojo, don de l’ambassade du Japon pour la Fédération algérienne. Cette dernière a enquêté pour dénicher un lieu pour son emplacement avec comme condition des Japonais, le mettre à la disposition du meilleur pôle national de judo. Selon Moukah, «La région des Ouadhias a été retenue et une commission fédérale composée de Ait Menguellat et Rehab est venu pour inspecter l’endroit. Ensuite, il y a eu des démarches du président de Ligue pour implanter le dojo au niveau du chef-lieu de Tizi Ouzou. Apparemment il a eu l’aval du président de la Fédération et des autorités de la wilaya. Donc il est question de l’implanter au niveau de l’ancien marché de gros. Mais on ne compte pas céder parce que ce dojo est quelque chose qui nous revient de droit. On a fait nos preuves. On a eu des résultats. Les Ouadhias, Tizi n’Tleta, Beni Douala, Ait Mesbah, Taguemount L’jedid, Agouni Gueghrane, Souk El Tenine est un pôle de judo et ce dojo doit être implanté dans notre région». Le salut du judo à Tizi Ouzou passe par une réelle pris en charge de l’Etat, car jusque-là les différentes tentatives ont échoué et la déperdition continuent à vider la wilaya de ses meilleurs athlètes, qui font actuellement le bonheur des autres clubs. Moukah nous relate l’expérience du JCK, un club crée par la ligue avec comme objectif la prise en charge des meilleurs talents de la wilaya afin d’éviter l’exode en masse de ces champions vers les clubs algérois. «On a crée le JCK, mais au fil du temps par manque de moyens, il est devenu un club comme tous les autres. Notre souhait est de relancer le JCK sur de meilleures bases. Le rôle des entraîneurs est important. Ces derniers doivent orienter leurs meilleurs athlètes vers ce club. Bien sûr, il faut qu’il y ait une prise en charge au même niveau que pour les clubs algérois. C’est la seule façon de pouvoir garder nos meilleurs athlètes, qui pourront ainsi rivaliser avec les autres clubs du pays».Avec sa riche histoire, le JCK est un véritable patrimoine du judo national que l’on doit préserver. Il suffit de citer le nombre impressionnant de champions, issus de cette école pour s’en rendre compte. Ils sont un millier d’athlètes à pratiquer ce sport au niveau des différents clubs de la daira sous la direction de cinq éducateurs spécialisés, un technicien supérieur et treize arbitres. Tout ce beau monde mérite un peu plus d’égard, alors la balle est dans le camp des responsables.
Ali.C
