Le danger du poisson avarié

Midi moins le quart… et ils sont encore sur la place publique avec plusieurs casiers encore pleins exposés sous un soleil de plomb. Une odeur agressive de pourriture, des nuées de mouches qui s’agglutinent sur des pièces de poissons fruits de mer complètement avariés ne dissuadent ni les vendeurs à plier bagages ni les acheteurs alléchés par les prix qui vont régressant d’heure en heure, de 100 DA en début de matinée, ils dégringolent à 30 DA à partir de 11 h. Dans des casiers à demi-vides l’on constate que les poissons sont démunis de leurs écailles écailles laissant apparaître la chair violacée qui se détériore rapidement. Des pièces entières se transforment en une pâte uniforme et dégagent une très forte odeur. Malgré ce répugnant tableau, les citoyens aux moyens limités attendent que le coût atteigne le plus bas niveau pour se faire servir, inconscients du danger que représente la consommation de poisson avarié. Avec les morceaux de glaces qui ne résistent pas longtemps à la canicule et qui fondent complètement une heure à peine après leur exposition au soleil, ces poissonniers, qui arrivent, disent-ils, de Zemmouri dès 7 h du matin voient leur marchandise changer de couleur dès 9 h passée, mais ne repartent qu’une fois le stock épuisé, bien souvent midi les surprend encore sur leur lieu de travail. Ne doit-on pas prendre des dispositions pour obliger et imposer à ceux qui exercent dans ce créneau à respecter le système dit « chaîne de froid » tout comme les autres matières telles que le yaourt, la viande congelée ainsi que certaines autres conserves ?En attendant, il y a urgence à ce que les autorités locales se penchent sur le cas de ces vendeurs de poissons. Le moyen le plus efficace est de leur imposer des horaires et veiller à leur stricte application. Le lieu de vente du poisson étant la place publique, il convient aussi de signaler qu’il y a danger à ce que des quantités de poissons pourris soient abandonnées sur place comme il est actuellement constaté ; ces amas de déchets de poisson se transforment en foyers d’épidémies autour desquels gravitent des groupes d’enfants en bas âges et qui se situent au centre d’une place commerciale avec tout autour des magasins d’alimentation générale, des cafés et à proximité du marché permanent des fruits et légumes en plus de la mosquée. Notons enfin que cette place publique est un passage obligé pour toute la population, c’est un lieu animé de jour comme de nuit qu’il est nécessaire d’entretenir et garder propre, ce qui n’est pas le cas actuellement car en plus des poissonniers, les vendeurs de volailles y ont jeté leur dévolu, la majorité de leurs clients demande à ce que le poulet (ramené vivant) ne soit pas égorgé sur place car, le sang, les plumes et la pellicule de ces volailles sont abandonnés sur les lieux et cela sans évoquer les déchets des fruits et légumes.

Omar Soualah