Ambiance de charme et d’attraction

Un rendez-vous où se mêlent tous les travaux artistiques et artisanaux de la région mais aussi des autres contrées du pays. La où se côtoient également les différentes cultures et traditions. Si les At Yanni vivent l’hiver dans la solitude, l’isolement et l’angoisse -des propos tenus par un septuagénaire au milieu de la foule de visiteurs des stands des bijoux-, l’été semble offrir de l’ambiance à ces gens là. Une saison du pain et de la danse, comme aiment à le qualifier les At Yanni. La chaleur caniculaire qui s’est abattue sur la localité ces derniers jours n’a rien entamé de la vivacité et du sang hardi des organisateurs, encore moins des participants. Cela relève du défit, tiennent-ils à dire. Une sorte de serment de réussir et d’aller de l’avant dans cette 7e édition qui porte l’empreinte du président de la République. Une empreinte qui a rassuré les organisateurs ayant appréhendé la délocalisation de l’événement vers la capitale, selon les propos du maire, Nacer Tabeche. Celui-ci que nous avons apostrophés maintes fois dans un état qui reflète, on ne peut plus pénible, semble s’adonner à des taches qui le «mettent» au four et au moulin. «Nous sommes tenus de réussir. La population locale nous a fait confiance, nous devons l’honorer, même si la mission parait grande pour certain et démesurée pour d’autres, que chacun d’entre nous doit comprendre que At Yanni sait honorer ses engagements. », a tenu à préciser Nacer Tabeche. Le bijou fait la fêteHabituellement, c’est le bijou qui orne les fêtards, mais à At Yanni, la fiesta est entièrement dédiée au bijou authentique. Il a drainé sans menue mesure des gens venus de loin, des gens venus même de …. Laos. Cela peu paraître démesuré pour ces deux personnes venues de l’Indochine mais le fait est la. Eh ben oui ! Elles ont fait le déplacement de l’Asie connaître l’Algérie qui les «fascine» et «se rendre en Kabylie, région magique et féerique», nous dira le Laotien dans la langue de Molière. La seconde personne est d’origine européenne, elle lui sert de compagnon et d’interprète. Les deux touristes trouveront leurs aises au stand publicitaire de l’institut INSIM qui sponsor, par ailleurs, l’événement. Il faut reconnaître à ce titre le génie du représentant de cet institut, M. Farouk Moukah, chargé également de la pédagogie, pour avoir servi de détendeur de l’atmosphère avec la complicité de ses étudiants et de son collègue Belkacem Boukhrouf, au sein du principal site d’exposition des bijoux. Même si les animations et soirées ont fait défaut durant cette 7e édition, les rues sont parées d’ambiances de fête eu égard aux marées humaines que ça draine sous des couleurs et rayonnements des visiteurs de tous bords. Les ruelles qui se vident pratiquement en milieu de journée, en raison de la chaleur suffocante, ont du mal à contenir les flux considérables d’amphitryons. A la rencontre des autres arts Les organisateurs de la fête du bijou ont tenu cette fois-ci encore à faire associer des artisans de divers métiers et de plusieurs régions du pays. 18 wilayas ont tenu à être représentées aux différents stands éparpillés sur les trois sites localisés à l’école complémentaire «Larbi Mezani», à la maison de l’artisanat que la municipalité a inauguré l’année passée après avoir été récupérée par la direction de l’artisanat et des métiers de Tizi-ouzou, devenue ainsi son patrimoine, et enfin au siège de la maison de jeunes de la commune. Il est à noter à cet effet, l’angoisse des exposants installés aux deux derniers sites cités, qui semblent être méconnus des visiteurs. Même si la municipalité à décidé la gratuité des entrées à l’artisanat, les gens restent rétifs à son égard pour manque de communication, relève t-on. C’est ici même que nous avons rencontrés Mme Aouiche Fetta qui fait dans l’artisanat de la broderie berbère, de la peinture sur soie et robes Kabyles. Un travail qu’elle accompli, faut-il le reconnaître, avec brio. Des styles exceptionnellement choisis par elle où ses mains excellent dans la modélisation qui se conjugue au présent et au passé. Tout ce que fait Fetta est réalisé chez elle, à Ihesnaouen (Tizi-ouzou), à la main, elle est «beaucoup plus envoûtée par des motifs de Tassili que je marie à ceux des berbères». Elle dit également être disponible à transmettre son savoir-faire aux filles pour peu qu’on vient à son aide. Ses relations avec la chambre de l’artisanat et des métiers, Fetta leur a mis un terme, dit-elle, pour un malentendu avec l’ex directeur qui les a malmené à la maison de l’artisanat : «c’est une manière de mépriser les artisans des arts authentiques», dira dans un air de révolte cette femme artisan qui explique, par ailleurs, qu’elle fait nourrir sa famille de son métier. C’est pratiquement le même sentiment que nous avons eu à déceler chez Hadj Ali d’Alger. Il estime que l’Etat a longuement méprisé l’artisanat. Lui, il est spécialisé dans le bijou algérois. Un bijou qu’il dit être parmi les plus raffinés de par sa légèreté. L’association «Bassamat» de Oued Koreich qui regroupe 18 artisans qui font dans la céramique, la dénonderie (travail sur le cuivre), de la vitrail ainsi que des travaux sur le cuivre et le cuir. Un autre exposant est venu de Ghardaïa présenter l’art de sable. Baloul Zohir a tenu à être présent à cette 7e édition du bijou aux At Yanni pour faire connaître notamment le tapis du sud. Des belles pièces, en somme, sont étalées à son stand sis aussi à la maison de l’artisanat de la commune. Ben Cheikh Sonia est venue de Bechar. Elle a ramené avec elle de très jolies pièces de tissus peintes. Des peintures reflétant, bien évidemment, le paysage de sa localité et celui du sud. Un art a retenu notre attention dans l’un des stands sis à la maison de jeunes. Il s’agit de celui qu’affectionne Melle Yefsah Zohra qui fait dans le «Mekoui». C’est un art qui consiste à brûler des traits et dessins qu’elle fait sur de la soie à l’aide d’un fer à souder.

M. A. T.