« Pour l’autonomie financière et plus de pouvoir aux élus »

D’emblée, M. Medbouaâ fait le bilan des activités de l’APC tous secteurs confondus depuis 1998 à ce jour, ensuite les autres élus du plus vieux parti de l’opposition ont, tour à tour, mis le point sur notamment le manque d’autonomie financière et de la problématique du pouvoir des élus. Ainsi donc, M. Ouali Medbouaâ a passé en revue les opérations de grandes envergures, telles que le réaménagement du stade communal et de l’OPOD, le débloquement de la route national, le projet de la trémie au niveau du carrefour de Guendouza, le projet de la grande poste, le projet de réalisation d’une station électrique au niveau de Taharacht (qui réglerait le problème d’énergie électrique pour toute la région, selon l’orateur), le confortement de l’oued Illoula, la réalisation d’un bloc administratif pour l’APC d’Akbou au niveau de l’ex-Badr « pour faire de la commune d’Akbou une grande commune qui fonctionnera avec des directions, non avec des services », etc. L’orateur fait ensuite l’état des recettes de sa commune qui sont approximativement, en milliard de centimes, de 19 en 1998, 23,7 en 1999 de 22,8 milliards en 2000, 21 en 2001, 23,1 en 2002, 27,6 en 2003, 42 en 2004, 39,3 en 2005. D’après le conférencier, la régression enregistrée au début des années 2000 est liée aux événements qu’a connus la région et qui l’ont isolée du reste du pays. Toutefois, selon M. Hammam, « le plus important budget pour le développement de la commune, ce sont le PCD (Plan communal de développement) : en 2003 notre commune a bénéficié de 5,8 milliards, en 2004 de seulement 1,4 milliard en 2005, c’est pire,nous n’avons bénéficié que d’un seul milliard ! ». « A travers ce chantage financier, les dirigeants cherchent à nous discréditer afin de placer dans les communes les personnes qu’ils veulent », déplore-t-il. M. Ould Taleb enchaîne : « L’Etat fait des distributions arithmétiques qui ne tiennent pas compte de l’importance et des besoins de la commune ». « Nous interpellons les pouvoirs publics pour ne pas abandonner ce qui est à leur charge : les routes, les assainissements, l’eau etc…, c’est de leur responsabilités », vocifère M. Ould Taleb, avant d’ajouter : « Qu’ils nous donnent un puits de pétrole pour la wilaya de Béjaïa, à ce moment-là, on prendra tout en charge », car « rien ne peut se faire sans les moyens et seule une autonomie financière est à même de permettre à la commune de se développer en marge du pouvoir central ». Abordant la problématique du pouvoir des élus, le président de la commission des finances de l’APW déclare : « Au moment où les pouvoirs dans les pays développés se décentralisent à un rythme accéléré, chez nous c’est la confusion générale, la loi 90-09 qui consacre le code communal et le code de wilaya ne donne pas suffisamment de prérogatives aux élus ». En ce qui concerne le logement social, par exemple, le conférencier se demande comment un « élu légitime du peuple ne soit pas reconnu par l’Etat, tandis que tous les pouvoirs sont octroyés à un commis de l’Etat qui s’appelle le chef de daïra qui n’existe dans aucun texte de la République ». Les questions des journalistes et des citoyens ont porté grosso modo sur les problèmes de la pollution de l’environnement, le logement, l’emploi, la prolifération des lieux de débauche, la perspective politique et les défis qui attendent Akbou qui est positionnée pour devenir une wilaya.

K. Kerbbouche