Comme tant d’autres zones sensibles de Boumerdès et Bouira, les maquis de Mizrana demeurent sous haute surveillance des forces de l’ANP. D’autres renforts des services de sécurité ont afflué, la semaine passée, vers cette zone de combat. Elles prêteront main forte au moment opportun, aux sections militaires qui quadrillent depuis plusieurs mois les principaux fiefs du GSPC circonscrits. A moins d’un mois de l’échéance fixée par les hautes autorités du pays pour toute repentance, les structures étatiques locales de sécurité préparent une vaste offensive contre les hordes irréductibles du GSPC. Selon les engagements officiellement pris, l’armée régulière sera impitoyable avec ceux qui refusent de se rallier à l’ordre public. Et donc loin d’être une simple manœuvre de concentration, le redéploiement des unités militaires entre Dellys et Tigzirt vise notamment la surveillance des faits et gestes des commandos sanguinaires d’El Ansar et leurs relais supervisés par Yahia Abou el Haythem, de son vrai nom Hamid Saâdaoui. Ex-bras droit de Hassan Hattab, ce chef terroriste est toujours considéré comme « émir » du GSPC au niveau de la zone II. Périmètres ciblés : Thissira, Abada et El Kanar situés à quelques encablures de Mizrana. De fait, l’armée a déja procédé, a-t-on expliqué, au maillage de toute cette zone. Les explosions entendues ici, ces dernières semaines, à intervalles réguliers, résultent du déminage systématique des sentiers. Les militaires ont compris le modus opérandi des terroristes pour contenir leur mouvement surtout au nord de Mizrana, où les commandos du GSPC prennent tantôt la fuite à bord d’embarcations en se mêlant aux pêcheurs, tantôt se terrent dans la dense végétation. Les brigades des forces mobiles de l’ANP maintiennent, affirme-t-on, leur pression, précisément dans cette forêt où les attaques terroristes sont restées récurrentes jusqu’en fin 2004. Les colonnes de l’ANP sillonnent maintenant constamment les axes routiers jouxtant le lieudit Treizième non loin de la zaouia abandonnée de Si Mohand Saâdi. Les autorités militaires locales y ont installé plusieurs postes de contrôle. Soucieuses de préserver la sécurité des riverains mais aussi pour une meilleure surveillances des suspects, elles ont également procédé à la fermeture du nouveau tronçon routier bitumé il y a plus d’une année. « Emprunter ce passage, c’est courir le risque de tomber dans un faux-barrage », explique une source sécuritaire. Et d’ajouter qu’en appliquant cette stratégie, l’armée peut aisément ajuster ses frappes contre les sanctuaires de cette base-arrière du GSPC. Le détour par le village de Attouche, niché au flanc d’une colline (appelée communément crête), s’impose donc encore temporairement pour les automobilistes qui se rendent de Tigzirt à Dellys ou vice-versa. Et même de ce côté-là, il n’est pas toujours facile d’assurer la sécurité sur toute l’étendue du secteur. On a signalé, il y a quelques mois, l’enlèvement d’un commerçant par un groupe terroriste entre Attouche et Béni Sabber. La victime a été relâchée par ses ravisseurs après paiement d’une rançon. De grandes opérations sont annoncées comme imminentes dans la Kabylie maritime et au niveau d’autres maquis de l’est du pays. Et pour boucler définitivement la boucle du terrorisme qui a tenté de reprendre du poil de la bête ces dernières années, il est fort probable qu’on décrète le couvre-feu pour une petite durée dans certains départements où sévit encore le GSPC.
Salim Haddou
