La 7e édition de la Fête du bijou a été clôturée hier par le maire d’Ath Yanni, Nacer Tabeche, avec le sentiment «du devoir accompli». Les artisans ayant pris part à cet événement gardent, néanmoins, le cœur serré quant au devenir de leur profession. Cette 7e édition, quoiqu’elle été dominée par l’esprit mercantile des exposants –cela c’est traduit par les prix pratiqués sur les bijoux notamment, dont certains étaient exorbitants- a eu le mérite de rompre avec le folklore. Les organisateurs ont ainsi choisi, cette fois-ci, de confirmer la dimension nationale de la Fête du bijou. Une fête rehaussée par la «griffe» du président de la République, même si certains n’y voient que l’apport pécuniaire. Il faut dire que si ce n’est le million de dinars injecté par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales ainsi que l’apport des sponsors, la fête aurait été gâchée dans son volet organisationnel. Nacer Tabeche qui a rendu un hommage à tous ceux, qui ont contribués à la tenue de cet événement lors de son allocution de clôture, a vivement regretté les insuffisances mais aussi les défaillances des organismes devant sponsoriser la fête, à l’instar de Sonatrach, Naftal et Saidal. Même sentiment du chef de daïra d’Ath Yanni ayant espéré «étendre l’écho et propulser ce genre d’événements à l’année prochaine». Sauf que le commis de l’Etat, qui a focalisé son rôle durant les dix jours de la fête sur l’aspect sécuritaire et de santé, a été bref et très subtil dans sa déclaration. Ath Yanni qui clôture ainsi la 7e édition de la Fête du bijou «avec regret», selon les propos du maire, ne peut regretter, par ailleurs, d’être une région où se sont brassées les cultures, les traditions et les arts authentiques de plusieurs régions du pays. D’aucuns auront vécus dix jours de communion sur les collines des Ath Yanni. Une localité qui se distingue par hospitalité des plus chaleureuses, de l’avis de tous ceux ayant fait de cette commune leurs escales touristique, culturelle ou commerciale. Cela c’est traduit par le nombre assez important de visiteurs (plus de 12 000) aux stands d’exposition des différents objets d’art présentés sur les trois sites aménagés à cet effet. Ce qui n’a pas empêché les organisateurs de nourrir des ambitions plus grandes pour les prochains rendez-vous. «C’est une vraie fête qui a réuni des localités de la Kabylie avec les différentes régions du pays. C’était grandiose et convivial ; c’est l’expression de la diversité culturelle, traditionnelle mais aussi, un témoin de la solidarité et de brassage entre les différentes composantes de la société algérienne. », dira M. Mohammed Chérif Abriche, 2e vice-président à la mairie d’Ath Yanni et néanmoins chargé de l’information et de la communication au sein du comité des fêtes. Au delà de son aspect commercial, la 7e édition de la Fête du bijou a le mérite de «dévoiler» les tares des pouvoirs publics, notamment ceux en charge du créneau artisanal. Cela n’a pas été sans irriter les artisans, qu’ils soient du bijou ou d’autres produits artisanaux. «Nous avons assez entendu de promesses et déclarations de charme, notre profession a besoin de considérations qui devront être traduites par la concrétisation de ce qui a été promis. L’artisanat est dans un état comateux. L’artisan est confronté à plus de problèmes qu’il ne rencontre de vraies solutions », souligne amèrement, l’ensemble des artisans ayant exposé leurs produits à Ath Yanni. Pour M. Abriche, «il est vraiment temps que les pouvoirs publics mettent plus d’initiatives, d’apporter leurs aides, assistance et beaucoup d’attention à ce genre d’évènements. D’autant plus, que l’artisanat est un vecteur incontournable d’emplois, de richesse et est source de développement économique, non pas uniquement pour une localité ou région spécifique de l’Algérie mais pour l’ensemble du pays. » Il faut signaler, par ailleurs, la particularité de cette fête, signée par les enfants «conteurs» des Ath Yanni ayant donné à l’événement des couleurs vives et sympathiques. Une présence symbolisant la relève à même de perpétuer la tradition.
M. A. T
