Le poulet rôti règne en roi

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Paradoxe des paradoxes, le Bougiote n’a jamais autant consommé de poulets que par ces temps incertains où les rumeurs les plus folles circulent à propos de la viande blanche, objet de toutes les suspicions pour cause de grippe aviaire. Malgré les prix, revus nettement à la hausse pour diverses raisons, objectives pour la plupart : contrôle vétérinaire rendu obligatoire, mise en barquette, rareté du produit et subjectives pour d’autres, la consommation après un bref ralentissement a repris de plus belle. Si ces jours-ci il frise les 230 DA/kg, sachez qu’il s’est vendu à 320 DA le jour du Mouloud !Ce n’est pas le poulet sous sa forme crue qui nous intéresse. C’est plutôt le poulet rôti, proposé à partir de 350 DA qui défraie la chronique. L’effet d’entraînement aidant, les rôtisseries poussent comme des champignons. Pas un quartier de Béjaïa qui n’échappe à ce phénomène. Chaque semaine, ce créneau jugé lucratif voit le nombre de ses membres s’accroître d’une ou plusieurs unités. Et ça marche plutôt bien. Moins bien tout de même qu’il y a six mois où ils n’étaient qu’une poignée à s’adonner à ce négoce, mais chacun s’arrange pour tirer ses marrons du feu et l’un dans l’autre gagner sa croûte. Au prix où ils sont cédés, ne vous attendez pas à un coq bien dodu, mais plutôt à un coquelet. Là est l’astuce qui permet au commerçant de s’en sortir avec un bon petit bénéf. Il se trouve tout de même certains commerçants plus honnêtes qui rognent sur leur part de gains et offrent une belle poularde. “Il y va de la réputation de la maison”, affirment-ils, le sourire éclatant en prime. A défaut de viande, toujours aussi chère, les familles, la chaleur aidant et harassées par une journée passée à se dorer au soleil cuisant de la mer, se sustentent de plats légers, une salade généralement et un généreux gallinacé rôti à point, la peau croustillante et le jus dégoulinant. De quoi avoir l’eau à la bouche…

M. R.

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