Coordination des quartiers et villages de Tizi Rached (CQVTR)

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En cette date du 6 août 2006, soixante ans se sont écoulées depuis la mort de Ali Laïmèche, l’un des pionniers avant-gardiste de la cause nationale, sans que le mythe de ce révolutionnaire ne prenne de rides ou ne tombe en désuétude. Ce géant qui a fait ses classes au sein du PPA (Parti du peuple algérien) à l’âge de 17 ans est devenu vite un cadre politique dont l’aura n’a cessé de grandir au sein du milieu nationaliste. Véritable cheville ouvrière au sein du PPA, qui pour rappel était le seul parti indépendantiste à l’époque coloniale et qui est devenu clandestin après sa dissolution en 1939, Ali Laïmèche s’est distingué par son engagement irréductible en faveur de la libération de l’Algérie à travers une activité soutenue au sein des structures du parti et également à l’intérieur des SMA (scout musulman algérien). En homme d’action doublé d’un visionnaire, il s’est attelé à animer un noyau nationaliste au sein des cellules SMA qu’il encadrait dès l’année 1944 et à travers lesquelles il projetait d’insuffler la flamme patriotique et de gagner notamment les fils de caïds à la cause nationale.En parallèle à son action politique, Ali Laïmèche fera de la conservation de l’identité algérienne l’une de ses priorités et essayera toujours d’imposer la reconnaissance de la dimension amazighe au sein de l’organisation du PPA. A ce propos, d’ailleurs, il aura à faire pièce — avec le groupe des dirigeants du district kabyle, notamment Mohamed Amokrane Khlifati — contre les responsables de la direction du PPA en raison du refus de la prise en charge de la question amazighe dans la vie du parti. En 1945, après les événements tragiques du 8 mai et l’insurrection générale avortée du 22 mai, Ali Laïmèche entrera dans la clandestinité avec d’autres militants du PPA lesquels formeront alors les premiers maquis en Kabylie. En dépit qu’il soit recherché et qu’il ait rejoint le maquis, Ali Laïmèche réussira à se présenter aux épreuves du bac en 1945. Il sera admis avec mention à la première partie du bac, mais renoncera à passer la seconde partie en raison de la campagne de recherche déclenchée contre lui par la police coloniale. Ali Laïmèche est, par ailleurs, l’auteur de plusieurs chants patriotiques, véritables hymnes à la révolution et à la liberté parmi lesquels : Ayema (Ô ma mère), Aassalam ayidhurar n’thumurth nagh (Salut, montagnes de mon pays) et le fameux Ghouri yiwen oumedakoul (J’avais un camarade). La célébration du soixantième anniversaire de la disparition de cette figure emblématique de la cause nationale se doit d’être, au-delà du côté folklorique dans lequel certains ont essayé depuis longtemps d’emprisonner le mythe, une halte commémorative pour prendre exemple et se montrer digne de l’épopée de tous les valeureux révolutionnaires et artisans de l’indépendance algérienne. Il est clair que le meilleur hommage que l’on puisse rendre à cette figure de proue du Mouvement national est d’abord de défendre sa mémoire contre toutes les tentatives malsaines et puis de perpétuer les idéaux pour lesquels il a consacré sa vie entière. Aussi, la coordination des archs de Tizi Rached ne peut-elle que s’incliner devant la mémoire de ce géant qui a pensé la révolution depuis les années 40 et qui s’est investi corps et âme pour la renaissance de la nation algérienne. Le devoir enfin de la population est de se réconcilier avec son Histoire et de se réapproprier les dates et les symboles qui la fondent pour mettre en échec toutes les tentatives de falsification, de récupération et de réduction dont l’objectif demeure toujours l’aliénation du peuple.

Ulac smah ulacLe combat continueTizi Rached, le 6 août 2006

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