La rencontre qui s’est déroulée, il y a quelques jours à la Maison de l’Imam de Mohammadia, à Alger, a surpris plus d’un : la thème qui a réuni les participants, parmi lesquels, -cela, on s’y attendait- de nombreux imams, en djellaba blanche et en turban- n’avait apparemment rien à avoir avec la religion, domaine d’étude habituel de cette institution : la prévention contre le sida ! Quand les Algérois se souviennent qu’il y a quelques années encore, il était interdit de parler de relations sexuelles et surtout de relations sexuelles protégées (les préservatifs se vendaient discrètement et il fallait s’inscrire sur un registre pour avoir la pilule- le changement de taille ! Surtout s’ils apprennent que durant la rencontre, il n’était plus question de se concentrer sur les relations sexuelles extraconjugales et de jeter l’anathème sur qui les pratiquaient, ils ne manquent de mesurer l’évolution ! Des représentants de différents ministres, concernés par la lutte contre l’épidémie, ainsi que des représentants d’associations et de l’Onusida, ont donné à cette manifestation un caractère scientifique indéniable. Il s’agissait de sensibiliser les imams à ce problème, de les informer pour qu’ils puissent à leur tour informer le public ! C’est que les imams et les mouchidates – les guides religieux féminins- jouent un rôle d’informateurs importants, notamment dans les régions rurales où l’impact de la religion est resté fort. L’opération, limitée à quinze (15) wilayas, parmi lesquelles les plus touchées par le mal, est appelée à se généraliser à l’ensemble du territoire.
S. Aït Larba
