Le SOS des malades mentaux

Ils sont nombreux à souffrir des problèmes psychiques même si leur prise en charge n’est pas toujours prise au sérieux. A l’instar des autres communes du pays, Akfadou compte un nombre important de malades mentaux. Tantôt on se pose des questions sur leurs sort, tantôt l’oubli nous éloigne de leur monde lugubre. Depuis la nuit des temps « les fous », comme on les appelle communément, avaient beaucoup de mal à se faire une place auprès de leurs frères dits normaux. Même si avec le processus des événements, les gens du savoir ont pu aider les « aliénés ». L’un des plus grands apports à ce domaine sensible demeure, incontestablement celui du père de la psychanalyse et le précurseur de la psychologie Sigmund Freud. Bien après lui, des Freudiens, post freudiens ou encore d’autres scientifiques d’adonnent au noble métier qui consiste à apporter un plus pour autrui. C’est un long travail humain. En Algérie de 2005, cet aspect des choses n’est guère estimé à sa juste valeur. La meilleure preuve est l’absence ou le manque de psychologues sur le terrain, au moment où nombre de ces spécialiste rasent les murs un peu partout. Outre ce vide « tolèré » par les autorités, il y a la négligence des citoyens puisque à nos jours peu de gens admettent l’importance des thérapies psychologiques et psychiatriques. Pour M. Snoussi, psychologue-clinicien et thérapeute. « La société algérienne tarde à prendre son destin en main. Pour beaucoup de personnes, le « chouaf » ou le charlatan représentent énormément. Nous, les psychologues, on à faire à un archaïsme pur et dur. Après quatre ans d’exercice, j’ai constaté l’amère réalité. Très peu de gens viennent chez nous. A mon avis, la culture traditionnelle est un vrai obstacle et l’ouverture au monde actuel est plus que jamais obligatoire. Toutes les forces qui bougent dans ce pays ont le fardeau de sensibiliser le petit citoyen ». Les propos de ce spécialiste sont palpables car le nombre des malades mentaux dans les rues, qui est sans cesse croissant les confirme. Akfadou fait partie de ce grand monde où ces personnes qui souffrent sont aussi dans le vaste espace du dehors. Parfois, ils dorment à même le sol. Des fois, on se demande si leurs proches vivent dans d’autres planètes ? Ce phénomène est plus alarmant dans les grandes villes. Cependant, ces derniers temps, les règles ne sont plus de règle. Il y a aussi les malades mentaux qu’on « enferme chez eux ». On se contente de les « droguer » sans se soucier de leur souffrance. Les SOS de tous ces malades sont taciturnes, mais même leur cris sont là, tout près de nous. Tenter de les aider, un tant soit peu est un autre pas de l’apprentissage de l’humanisme, un humanisme souvent négligé.

Mohand Chérif Zirem