Les jeunes prennent le relais

l Lorsqu’on évoque le travail de la laine en général et du tapis en particulier, on imagine toujours « Nana et Khalti », personnages de Feraoun, derrière leur métier à tisser. On ne parle jamais ou presque de celles qui dans l’anonymat s’échinent, dès leur plus jeune âge à devenir des tisseuses de la trempe de Nna Taous ou de Nna Ghnima. Sans diminuer de la valeur des anciennes auxquelles l’artisanat doit beaucoup, il faut admettre que le flambeau a changé de mains. Celles que l’on cite le plus sont aujourd’hui dépassées par le poids des ans ou des problèmes de santé. Nous avons remarqué, dans certains stands, la présence de femmes relativement jeunes dont les tapis n’ont rien à envier à ceux des meilleures. Elles sont de plus en plus nombreuses à s’initier, avec bonheur, à la profession, après l’école. Souvent le savoir-faire se transmet de mère en fille. Les autres, faute de mieux et par besoin, sont dirigées vers les centres de formation ou les ateliers de tissage. Cependant, même si elles reconnaissent que les pionnières ont souffert à leur époque, il n’en demeure pas moins que l’artisanat traverse « des difficultés qui doivent être aplanie, au plus tôt si on veut éviter, au tapis, le dépérissement », déclare une artisane. Dans la plupart des stands où sont exposés les produits de l’artisanat d’Ait Hichem, les tapis récents sont l’œuvre de nouvelles venues dans la profession alors que les anciennes exhibent le travail qu’elles ont réalisé alors qu’elles étaient plus jeunes. Les deux générations ont en commun l’amour du métier et se plaignent ensemble des difficultés auxquelles elles font face. Les entraves d’hier, ne sont pas automatiquement les mêmes que celles d’aujourd’hui. Malgré tout, la relève semble assurée et le tapis d’Ait Hichem a encore de beaux jours devant lui.

Nacer B.