La mer… pour la première fois

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“Les jolies colonies de vacances, merci papa…”. Cette formule vieille de plusieurs décennies, chantée de si belle manière par le grandissime Pierre Perret, permet chaque année, pendant les vacances d’été, de faire bénéficier à travers le monde, des séjours à la mer, à la campagne ou à la montagne. Ce système qui tient un peu du scoutisme, cette école de la vie, chère à M. Baden Powell et au Club Med, le luxe en moins, fait l’unanimité auprès des marmousets et demeure celle qui recueille l’assentiment de tous. La vie en communauté, le partage quasi-général de tout, la nourriture, les activités ludiques et autres, la discipline, l’apprentissage du partage, le dépassement de soi, conjugués aux plaisirs de la mer et aux veillées thématiques, enchantent l’enfant peu rompu à cette vie en communauté élargie. En fait, pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils s’aventurent en dehors du cocon familial si protecteur et si sécurisant. La saison estivale étant ce qu’elle est cette année, maussade et ratée, ce secteur détourne un peu par sa vitalité et la bonne humeur contagieuse qui se dégagent des lieux et que seuls les enfants savent semer autour d’eux. R. Ghilas, un colon du camp de l’Education nationale, bien portant et la répartie plutôt vive et spontanée, nous a confié ses nombreuses joies et satisfaction et sa petite peine de voir le séjour prendre fin, un peu trop rapidement de son point de vue. “Je me suis fait de nombreux amis. Et de voir cette complicité prendre fin me rend triste. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine”, nous confirmera-t-il, une larmichette au coin de l’œil, furtivement essuyée. “Un homme ne pleure pas. On nous a appris à transcender la douleur, toutes les douleurs”, ajoutera notre interlocuteur en culottes courtes, sur un ton de vieux briscard. Ghiles monte dans le bus qui va l’amener chez lui, à Ireza. Il agite sa petite paluche en guise d’au-revoir.Dans ce camp, c’est le branle-bas de combat pour l’accueil de la deuxième session. Ainsi vont les choses, rythmées par les arrivées et les départs des colons. S’il ne faut retenir qu’une seule image, la dernière de ce que nous avons vu et retenu de notre virée à travers les centres de vacances, c’est les mines splendides, réjouies, la banane en permanence, chez ces mômes venus d’horizons divers et qui transcendent babétisme, situations sociales et drames personnels pour se fondre dans une communauté juvénile où l’adulte veille au grain, mais de loin. C’était au royaume des enfants…

Mustapha Ramdani

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