Opérations au profit des « déracinés »

L’avènement du terrorisme, au début des années 90, a contraint de nombreuses familles à quitter leurs villages et hameaux en quête de quiétude. Dans la commune de Draâ El Mizan, et plus précisément dans le versant de Tazrout, des familles entières ont préféré s’installer dans la périphérie de la ville ou dans d’autres lieux que d’être persécutées quotidiennement par les groupes du GIA puis du GSPC. D’ailleurs, elles sont toujours là, tout près de l’hôpital, dans leurs habitations de fortune, dépourvues de toutes les commodités : ni eau courante, ni assainissement ni courant électrique. Les plus nanties ont acquis chèrement des logements en ville alors que d’autres ont acheté des lots de terrains où elles ont construit. Certes, aujourd’hui, la sécurité commence à reprendre ses droits de jour en jour, mais elles ont peur de retourner dans leurs villages car, faudra-t-il le souligner, la menace plane toujours, dès lors qu’on entend que des actes sont perpétrés sporadiquement. Du côté des pouvoirs publics, un programme de réfection des installations détruites a été réalisé en vue d’encourager les « déracinés » à revenir chez eux. Et c’est ainsi que nous avons appris qu’au moins trois villages, à savoir Bezazoua, Tazrout, Sidi Aïssa et Rouachda, qui ont connu un exode massif pour ne pas dire total, ont bénéficié de quelques opérations : assainissement, AEP et routes. Cependant, on nous a signalé que pour le moment, aucun retour n’est observé. « Pour retourner là-bas, il faudrait aussi de la sécurité, car avant notre départ, il y avait quelques commodités, mais cela ne nous a pas incité à rester parce qu’avant tout, ce sont nos vies et celles de nos enfants qui étaient menacées », pense un père de famille installé à la cité CAPER en allant vers Frikat. En clair, pour le moment, les quelque soixante familles ou encore plus, n’envisagent pas de repeupler leurs villages si une unité chargée de leur protection n’est pas prévue. « Mieux vaut vivre dans les ténèbres que mourir », conclut un autre intervenant.

H. N.