Le complexe De Zéralda « Terra Parc » héberge pour une durée de quinze jours une exposition collective d’arts plastiques, dans sa galerie « Coucher du Soleil ». L’ouverture a eu lieu le 15 du mois en cours. En cette première journée d’inauguration, près de quarante-deux œuvres picturales, ont été accrochées sur les murs de cet espace. C’est les œuvres de onze artistes professionnels de renom, invités par Djamel Larouk, organisateur de l’évènement, artiste-peintre et également professeur à l’école des Beaux-Arts. Ce dernier expose six toiles traitant principalement de « l’espace », avec des couleurs naturelles et chaudes, les titres en sont : « Roseaux, Gouffre Mémoire, Anamorphose, fossile… « . « Il a des compositions bizarres […] il nous destabilise des fois, on croit que cela ne se tient pas, mais si on regarde bien, ça se tient parfaitement », nous dira Karim Sergoua à propos de ces toiles. Ce dernier participe avec cinq œuvres titrées « Souad III, Question I, Deux isolés, Deux isolées »… il peint en utilisant des symboles, un peu à la façon de Denis Martinez, qui est son « père spirituel » dit-il, mais avec de grands espaces séparant leurs point de vues. Notons aussi la présence féminine de Safia Zoulid, l’une des rares femmes peintres professionnelles en Algérie. Elle a exposé la première fois en 1969 à la galerie Mouloud-Feraoun, et participe aujourd’hui avec trois aquarelles nommées : « Le hamam », « L’Andalouse »… Athmane Kaddour, quant à lui, présente un travail abstrait par deux peintures où il s’inspire de la tradition orale, « L’invité, daté de 1988 », il nous explique : « J’ai travaillé sur un thème qui touche à ce qu’on appelle communément les Orientaux, étant parti du principe que nous n’avons pas hérité d’objets de notre civilisation … j’ai représenté nos valeurs sans toutefois mettre des personnages ou une architecture. En dichromatique, c’est-à-dire en deux couleurs, j’ai représenté le néant par le désert et les cieux et j’ai essayé de créer une vie par des tâches de couleurs par le graphisme… j’ai débouché sur une peinture très spirituelle, d’ailleurs ça m’a permis de l’intituler « Genèse » ce qui dans le discours religieux signifie début… »Quant à « L’invité », l’absence de personnage est aussi un élément paradoxal avec le titre, et là aussi une lecture abstraitement philosophique est capitale pour la compréhension du message artistique. Cette exposition entre dans un cadre touristique, puisque ayant lieu dans un lieu de ce genre, cela afin d’ouvrir une nouvelle fenêtre sur notre art contemporain. Sa réussite est apparemment claire, vu le nombre élevé de visiteurs qui se sont déplacés en plein mois d’août, ce qui diffère des activités estivales connues dans notre pays jusque-là.
Mohamed Mahiout
