Si les signes du progrès, dans les villes, se mesurent aux infrastructures de prestige, tels les grands bâtiments publics, les centres de commerce, les établissements scolaires et universitaires, les bibliothèques, les théâtres, les hôpitaux, les stades et d’autres édifices, dans les campagnes, on se montre moins ambitieux : il suffit d’avoir une mairie potable, une salle de soins propre et surtout qui fonctionne, un bureau de poste qui offre les prestations de base, un collège et un lycée, une maison de la culture ou une bibliothèque, le téléphone, l’électricité et l’eau courante et on se sent vivre au XXIième siècle ! La plupart du temps, ces infrastructures existent réellement mais soit elles tombent en ruine, faute d’entretien, soit à cause d’une mauvaise gestion, ne remplissent pas vraiment leurs fonctions ! Alors, ne nous étonnons pas si, en Kabylie et, sans doute ailleurs, dans l’Algérie profonde, les gens se sentent frustrés d’être aux portes du progrès et de ne pas en jouir. L’Etat, auquel on reproche souvent de ne pas mettre les moyens nécessaires à la disposition des communes, fournit bien les budgets, mais la gestion ne suit pas. Des fonds importants sont dilapidés dans des ouvrages sans intérêt réel pour les citoyens, de l’argent est détourné par des élus indélicats… Des milliards de centimes partent ainsi en fumée chaque année sans que la situation des gens ne s’améliore sensiblement. Le progrès ne devrait-il pas commencer par un contrôle de l’argent public et un suivi des travaux ? La dépense, la destination de chaque dinar doit être justifiée…
S. Aït Larba
