Il y a quelques jours, un lycéen a été tué, à Akbou, au cours d’une rixe, par un de ses camarades. Voilà un drame qui endeuille une famille et les amis de la victime, et l’on pourrait dire hélas, que ce genre «d’incident», le meurtre, est devenu courant dans notre société où la violence, à cause du terrorisme meurtrier, est devenue banale. Dans la même ville, on s’en souvient, une jeune fille a été mortellement agressée par un voyou. Mais ce qui est nouveau dans le dernier drame, c’est que l’agression ne s’est pas produite aux alentours de l’établissement mais à l’intérieur. Et de surcroît dans le réfectoire – les deux élèves étant internes – espace supposé être, comme tout le reste de l’établissement, sous surveillance. Le jeune meurtrier avait sur lui une arme blanche et pouvait donc l’utiliser à tout moment contre ses camarades, voire ses enseignants et les employés de l’établissement. Il y eu sans doute négligence mais les responsables de l’établissement objecteront qu’on ne peut pas soumettre à la fouille quotidienne les centaines d’élève. En fait, s’il y a responsabilité, celle-ci doit être partagée : entre les responsables de l’établissement mais aussi la société, qui a banalisé la violence et le système scolaire qui n’a pas su constituer un barrage à cette violence. L’école n’a-t-elle pas pour mission, quand les autres institutions faillent à la leur, d’inculquer aux enfants les valeurs civiques et morales, de leur apprendre à se montrer tolérants et fraternels avec leurs semblables ?L’école, on a tort de le croire, n’est pas seulement une dispensatrice de savoir…
S. Aït Larba
