Les déboires d’une cité

La santé de l’homme est tributaire du lieu dans lequel il vit. Cette vérité, encore d’actualité, se vérifie, notamment à l’approche de la période estivale. Pour preuve, la situation en matière d’hygiène et d’assainissement qui prévaut au niveau de la cité Sidi Ali Ouchedad de la ville d’Akbou. Construite sur les hauteurs périphériques d’Akbou, cette cité englobe 300 logements sociaux. Les blocs, aux dires des locataires, par la voix du président de l’association du site, sont dans un état plus que lamentable. Pour porter leurs revendications, les intéressés ont multiplié les démarches auprès de l’ensemble des services techniques concernés. Mieux encore, un dossier étoffé compilant documents, lettres, photocopies de décrets régissant la prise en charge des logements, copie de journal officiel, a été patiemment constitué. Ce dernier a été présenté lors d’une réunion de travail qu’avait sollicitée l’association des locataires de la dite cité. Ainsi, en date du 9 mars dernier, l’occasion fut belle pour ces plaignants de décrire par le menu détail, aux représentants des services techniques tels que la Such, l’OPGI, la CNEP, l’hydraulique, la santé…. d’Akbou, tous les déboires que vivent les quelques 2000 habitants de cette région. En substance, il s’agit de caves ou vides sanitaires inondés par les eaux usées, des colonnes d’évacuation mal posées et quelquefois cassées qui déversent les liquides dans les parties communes et et créant des mares nauséabondes. Le président signale dans sa litanie, que les regards d’égout, dans leur majorité, sont bouchés et que les liquides à l’air libre se mêlent aux gravats issus de la construction et aux innombrables tas d’ordures ménagères. En certains endroits, l’eau peut être potentiellement une menace. D’autres anomalies sont citées plus loin, particulièrement, la maigre pression de l’eau qui n’atteint pas les étages supérieurs, les défauts de la tuyauterie le manque de persiennes dans quelques appartements, l’absence de raccordement au gaz de ville qui passe pourtant à 10 mètres de cette localité. « L’entretien et le nettoyage ne sont pas assurés non plus », martèle le président, « pourtant une avance sur le loyer pour une durée de 12 ans a été versée » s’interroge-t-il. Le président de l’APC, devant cet étalage de remarques, invite sérieusement tous les services concernés à prendre en charge le règlement de cette situation. Il ajoute que chaque service est mis devant ses propres responsabilités. Sur place, un commission mixte d’hygiène et de sécurité a été désignée et a été chargée d’établir un constat exhaustif de la situation de Sidi Ali Ouchedad. Depuis, trois sorties sur sites sanctionnés d’un PV énumérant constat et recommandations, ont été effectuées. Il en ressort qu’à l’exception du curage de quelques regards, d’une journée de nettoyage et d’évacuation des ordures ménagères initiée par l’association, de quelques réfections au niveau des colonnes, la situation décrite au préalable demeure avec toute son acuité. Où se situe le nœud gordien ? Une chose est sûre, l’été avec son cortège de pathologies hydriques pointe son nez. Même si comparaison n’est pas raison, il faut garder à l’esprit les épisodes épidémiques au niveau des 504 logements en 1994 et la récente flambée de gastro-entérites.

M. Rabah