Appel à « la réorganisation » de la structure

La dernière journée de l’université d’été des archs, le jeudi 24 août, a été consacrée au bilan et aux perspectives du mouvement après cinq années d’existence. Belaïd Abrika, porte-parole du mouvement, dans une allocution sur ce thème, a tenté de faire le tour de la question et appelé à revoir l’organisation «du mouvement au vu, d’une part, de l’évolution de la situation nationale depuis 2001, et d’outre part, eu égard à la nécessité de provoquer une décantation en notre sein et y mettre de l’ordre», révélant sans plus de précision que «nous recevons des coups à l’intérieur même du mouvement…». Cette recommandation se justifie par ailleurs, aux yeux d’Abrika et d’autres dirigeants des archs, dont Bezza Benmansour, par l’évolution des conditions d’organisation depuis 2001, conditions n’étant plus propices aujourd’hui à la spontanéité, à la fréquence des rencontres organiques dans le cadre des conclaves et à l’exceptionnelle capacité de mobilisation du mouvement durant les toutes premières années du «Printemps noir». Ainsi, l’adaptation à la conjoncture, tel que proposé, notamment par Bezza Benmansour, serait, entre autres, de réfléchir à la mise en place d’une structure entre deux conclaves pour ne pas permettre l’assoupissement de l’action du mouvement et sa continuité. Par ailleurs, Belaïd Abrika a suggéré que la réorganisation souhaitée du mouvement aille de pair avec l’abandon de la réaction comme pratiquement seul moyen de lutte adopté jusque-là par les archs. Le porte-parole du mouvement en a appelé à renouer avec l’action et les initiatives propres citant quelques cibles potentielles telles que le combat contre les pratiques et réseaux maffieux : la maffia du sable, du foncier,… a-t-il énuméré. Abriba a par ailleurs saisi l’opportunité de la tribune qui lui a été offerte pour émettre quelques mises au point, sur la controverse, en cours à ce jour, autour de la question du dialogue avec les autorités. Prenant à partie les anti-dialoguistes du mouvement, le délégué des Genêts a assuré que «l’unique motivation» de leur hostilité à «cette forme de lutte valable aujourd’hui encore», tient au fait que cette tendance «n’a pas été choisie comme interlocuteur du gouvernement». Revenant sur l’impasse actuelle du dialogue exacerbée par le climat d’incertitude entretenu par le gouvernement de Belkhadem, Abrika a dû réitérer que la mise en application des engagements conclus avec l’Exécutif est de son seul ressort, non sans avertir que «le régime est mis en demeure de respecter ses engagements». Lors des débats engagés à la suite de l’allocution de Belaïd Abrika, les participants de tous âges se sont succédé à la tribune pour soulever de multiples et diverses questions relatives aussi bien à l’état du mouvement au plan organisationnel, qu’aux défis que lui impose le combat démocratique et identitaire. Quasi unanimement, les intervenants ont conclu au «caractère indiscutable» des acquis du mouvement, mais également à leur «fragilité» et à leur «insuffisance». L’intervention de Bezza Benmansour a été remarquée, dans la mesure où il a principalement axé son propos sur «la campagne d’intox» à laquelle le mouvement est confronté de la part d’adversaires qui accusent ses dirigeants de corruption. «Ces gens-là pour ce faire, ont recours à des moyens mesquins tels que soudoyer des adolescents et autres énergumènes qui distillent ce type de discours moyennant un minable pécule !», a-t-il dénoncé. Il a par ailleurs «défié quiconque» de prouver la vénalité des dirigeants des archs dont le mouvement est en possession «de moyens dérisoires comparé à la plus insignifiante des associations nationales», a-t-il assuré. En revanche, Bezza Benmansour a renvoyé l’accusation de corruption aux détracteurs du mouvement : «Je vous invite à évaluer leur situation matérielle depuis 2001, et vous jugerez qui, réellement, a été acheté», a-t-il lancé.

Hakim O.