Grand rush des émigrés

La localité de Taâzibt qui compte environ 3 000 âmes, dont plus de 700 résidant à l’étranger, vit ces jours-ci, au rythme de l’heureux come-back de ces derniers. Cette année, et contrairement aux précédentes, où pour une raison ou une autre, les émigrés de la région ont opté pour d’autres destinations pour y passer leurs vacances, c’est à un retour en masse que l’on assiste. Ah ! nostalgie ! Quand tu nous tiens ! Qui en solo, qui en compagnie de tous les membres de sa famille, peu importe les coûts qu’engendre le voyage quand il s’agit de retrouver les siens après des années d’absence ! Ainsi, si certains sont venus pour assister au mariage d’un parent, ou pour régler une affaire quelconque, d’autres ont juste eu le mal du pays et de la convivialité qui y règne et profiter pleinement du climat et des paysages féeriques de la corniche est de Kabylie. Il sont arrivés de différentes régions du monde, de France pour la majorité, mais aussi de Belgique, Italie, Espagne, Angleterre, USA, Venezuela sans oublier les pays arabes surtout le Golfe. Certains ne semblent point dépaysés et gardent vivace leur culture ancestrale, à l’exemple de Dda Mustapha qui cueille avec dextérité les figues sauvages et les épluche avec la même finesse, d’autres ont du mal à s’adapter à la rudesse de la vie montagnarde. Reste que le plaisir d’être au bled est de mise, chose que ne manque pas d’affirmer Kamel qui a deux années d’absence à son actif : « Je ne pourrai rater de telles retrouvailles pour rien au monde, c’est la terre qui m’a vue naître et c’est toujours un plaisir de retrouver les siens et ses amis ». Même son de cloche chez Malha qui prépare un doctorat à Londres : « C’est vrai que je n’ai pas beaucoup de temps libre mais je me ressource à chaque fois que je rentre au pays, c’est devenu indispensable pour moi de passer des vacances aussi courtes soient-elles, au sein de ma famille », nous confie-t-elle d’un air ému. Toutefois, si les familles de ces émigrés sont ravies de retrouver les leurs, ce retour fait aussi le bonheur des commerçants de la région. Eh oui ! L’arrivé des émigrés à toujours constitué une véritable aubaine pour le commerce local, lequel patauge dans une léthargie qui ne dit pas son nom. Durant un mois, en tout et pour tout, la région profitera d’un nouveau souffle avant de retrouver, sans l’ombre d’un doute, le quotidien morose habituel.

Sid Ali Djenane