Il y a tout chez les buralistes

Chaque jour que Dieu fait a une curiosité particulière qui ne laisse personne indifférent. En effet, c’est le cas des demandeurs de logement rural s’inscrivant dans le cadre du PNDA (Plan national de développement agricole) et financé par le FNDRA (Fonds national de développement rural et agricole) qui se trouvent livrés pieds et poings liés, aux petits commerçants qui n’hésitent pas à en faire des clients potentiels. Ces derniers qui ne trouvent plus les formulaires contenant les cinq annexes du dossier auprès des services agricoles, sont tout bonnement orientés chez certains buralistes pour s’en procurer. A M’chedallah, cette pratique est de règle au grand dam des citoyens et des responsables respectifs des services concernés sans qu’aucun bouge le petit doigt pour réhabiliter l’honneur d’un service public aux abois. En effet, c’est un citoyen scandalisé par cette bureaucratie agissante, qui attire notre attention sur l’absence des fameux formulaires de demande de logement rural au niveau des services de la subdivision agricole et au niveau des différents bureaux communaux chargés de l’opération. Le hic, c’est que le pauvre citoyen a été tout bonnement invité à s’en procurer auprès d’un buraliste visiblement connu par le préposé au bureau. Le citoyen que nous avons accompagné chez le buraliste indiqué trouve enfin son compte car réussissant à se procurer le nombre de copies qu’il souhaitait…et sans encombre. Pourvu qu’il paye. Et encore, de la bouche même du buraliste en question, les prix ne sont pas les mêmes, car on a le choix entre une copie originale cédée à raison de 50 DA l’exemplaire et une photocopie cédée à 25 DA. Voilà en fait un trafic antinomique qui s’opère dans l’ignorance des règle de déontologie et de conscience professionnelle, si conscience il y a ! Le fait que des documents administratifs soient vendus sur les étals de buralistes au lieu d’être délivrés exclusivement par les services concernés renseigne amplement sur l’état de déliquescence d’un service public aux abois. Par ailleurs, des bribes d’informations ont fait état de la disponibilité d’autres formulaires et même de pièces administratives chez certains commerçants qui semblent bien trouver là un commerce juteux. Reste enfin aux autorités compétentes de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à ces activités qui n’honorent pas les responsables respectifs des services concernés, et par là, réhabiliter la vocation d’un service public digne de ce nom. En fait, c’est à partir de ces simples comportements qu’on peut préjuger de la consistance ou pas des lois en vigueur… et de l’Etat de droit.

Lyazid Khaber