Vu l’ampleur de cette maladie animale, la DSA (Direction des services agricoles) compte beaucoup sur les éleveurs pour l’aider à l’éradiquer, les sensibiliser constitue une partie de la solution, pour cette raison une journée de vulgarisation sur la pathologie de la langue bleue, devait se tenir sous son égide, ce week-end dans la ville de Sidi Aïch, informe-t-on à la subdivision agricole de la même ville. Au même moment, l’on apprend du même service, qu’une équipe de l’INPV (Institut national de la protection des végétaux) est arrivée dans la municipalité de Tifra, afin de procéder à la désinsectisation après repérage des lieux pouvant constituer des gîtes pour moustiques. A cet effet, les services hydrauliques de Sidi Aïch ont participé à l’action, en découvrant 45 sites, en plus des berges de l’oued Soummum (entre Takeriets et R’mila) où pullulent les moustiques en tous genres. L’opération sera menée avec un produit très toxique, tout en évitant d’empoisonner les ruchers, rassure-t-on. Par ailleurs, l’on soutient que ce genre d’action devrait être organisée au début de la saison printanière de chaque année, pour éliminer tout risque. Au service hygiène et prévention (Sidi Aïch) l’on nous répond que la maladie de la langue bleue n’est pas une zoonose, par conséquent, celle-ci ne constitue pas une urgence pour ce service. La viande d’un ovin atteint de la langue bleue, est dépréciée, c’est une viande fiévreuse donc non consommable. La même subdivision constate que des carcasses d’ovins succombés à la maladie, sont tout simplement jetées dans la nature, à l’insu des services compétents, ce qui contribue à l’augmentation de l’étendue de la maladie et fausse les statistiques. Peut-on comprendre par là, qu’il y a ignorance, ou bien les éleveurs craignent-ils qu’il y ait abattage du cheptel, ou redoutent-ils une « mauvaise publicité » comme on dit. Après le premier bilan fourni dans un précédent article, l’on conclut après ces nouvelles statistiques que la maladie en question évolue selon une logique édictée par la réalité sur le terrain de chaque collectivité touchée. Cette fois-ci, la commune d’Akfadou prend les devants, avec 142 mortalités, 242 cas de maladie déclarée sur 85 foyers comptant 951 têtes d’ovins et ce décompte macabre offre la seconde place à la commune voisine Tifra (26 foyers comptant un effectif de 216 têtes d’ovins, 31cas avec 36 mortalités), Tinebdar (6 foyers, effectif : 175 ; 42 cas ; 16 mortalités), Chemini (17 foyers, effectif : 320 ; 42 cas ; 7 mortalités), Souk Oufella (6 foyers, effectif : 57 ; 7 cas ; 3 mortalités non déclarées aux services compétents), Tibane (5 foyers, effectif : 28 ; nombre de cas 7 ; 3 mortalités). Et l’on comprend à travers ces chiffres, que la situation s’est stabilitée au niveau des communes de Chemini, Souk Oufella et Tibane et aucun foyer de maladie n’est déclaré dans les communes considérées, dès les débuts, comme indemnes, ce qui est un bon signe, contrairement à ce que renseignent les chiffres des communes d’Akfadou, Tifra et Tinebdar. On enregistre en ces trois communes voisines beaucoup plus de foyers de maladie et de mortalité ovine. Et, pour réduire l’incidence de cette maladie avant de la vaincre totalement, faut-il, entre autres, rappeler à l’intention des éleveurs les recommandations à même d’orienter la situation dans ce sens, comme la désinsectisation, le déparasitage externe du cheptel (bains avec un produit conseillé par les vétérinaires), nettoyage des bergeries, de leurs alentours, et leur chaulage, ainsi que l’installation de moustiquaires sur les ouvertures d’aération des mêmes bergeries.
Nadour Youcef
