A peine le spectre de la grippe aviaire, qui a fait couler autant d’encre que de salive, dissipé, du moins durant l’été, que voilà une autre maladie qui occupe les devants de la scène notamment au sein des éleveurs de bétail. En effet, même si pour le moment aucun cas ne nous a été signalé officiellement dans notre région, qui comporte deux grandes localités connues pour l’élevage bovin et ovin, la direction de l’agriculture est sur le qui-vive. Cependant, des échos nous en sont parvenus : des cas de petits éleveurs qui ont déjà perdu quelques bêtes. Dans une correspondance émanant des services agricoles de la daïra de Draâ El-Mizan, le vétérinaire lance une mise en garde aux éleveurs aux fins de leur faire prendre toutes les précautions, sans pour autant s’affoler. « Il est demandé aux éleveurs de désinsectiser les étables ainsi que tous les alentours », peut-on lire dans ce document où il est dit aux agriculteurs de se rapprocher des vétérinaires dans le cas où les symptômes inhérents à la maladie apparaissent. A ce propos, nous avons approché un vétérinaire du secteur privé pour en savoir plus sur la « blue tongue » ou maladie de la langue bleue. « Ce n’est d’abord pas une maladie contagieuse. Elle ne se transmet pas à l’homme », nous dira-t-il en premier lieu, une manière de rassurer tout le monde, avant de nous en donner les symptômes : « Après une incubation de deux à quinze jours, car c’est une maladie d’origine virale, elle donne chez le ruminant une fièvre de 41 à 42 degrés et qui va de deux à onze jours. Ce sont plutôt les lèvres, le museau ainsi que la muqueuse buccale qui deviendront congestionnés ». Il enchaîne en disant encore : « La langue devient alors bleue. La mort ne peut arriver qu’après une semaine ». Notre interlocuteur a affirmé qu’il n’a détecté pour l’instant aucun cas. Donc, il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure. Cependant, comme pour toutes les autres maladies, c’est la rumeur qui prend le dessus sur les vérités médicales parce que les mauvaises langues et les faiseurs d’opinions de « radio-trottoir » commencent déjà à spéculer sur la pénurie de viandes rouges, notamment à quelques semaines du mois de Ramadhan où cet aliment est le plus prisé.
Amar Ouramdane
