Quarante-quatre ans après l’Indépendance chèrement payée par des hommes et des femmes dont la seule exigence était la liberté, des carrés de Martyrs sont toujours dans l’attente de liste nominative. Si nous abordons aujourd’hui ce sujet, c’est parce que lors de notre passage devant le carré des Martyrs du village agricole, Adila, situé sur la RN 68 reliant la localité de Tizi Ghennif à celle des Issers, nous avons été surpris en découvrant ce lieu avec un monument dédié aux martyrs de la région, mais malheureusement sans qu’aucun nom n’y soit porté. Dans ce carré, on a dénombré de nombreuses tombes. Selon une source proche des associations des enfants de chouhada, le nombre de martyrs qui y sont inhumés n’est pas égal à celui des tombes. Car, a expliqué notre interlocuteur, d’après ceux qui avaient assisté à la mise en terre, les ossements récupérés ici et là, sur tout le territoire de la région seraient beaucoup plus importants que le nombre de tombes. D’ailleurs, cette absence de liste a fait réagir aussi bien l’Association des ayants droit des chouhadas de M’kira que l’Association des enfants de chouhada de Tizi Ghennif. Dans une correspondance envoyée par ces derniers au président de leur APC, il lui est demandé de leur remettre la liste des martyrs inhumés dans ce carré, cela est leur revendication essentielle. A son tour, le P/APC a écrit au wali et à la direction des moudjahidine. Dans cette correspondance, dont nous détenons une copie, le P/APC dit qu’après investigations, aucune trace de cette liste n’a été trouvée dans les archives de l’APC. En tout cas, les ayants droit veulent à tout prix avoir les noms et le nombre exact de martyrs qui reposent dans ce carré. Si quelquefois, on entend parler de l’écriture de l’histoire et des concours lancés sporadiquement sur la guerre de Libération nationale, il nous semble qu’avant l’entame d’une telle tâche, qui revient de prime a bord aux historiens, il est temps d’abord d’avoir des fichiers au niveau de toutes les communes car des attestations de membres ALN/CFLN existent tout de même. Pour les ayants droit, ce sera la meilleure réhabilitation à rendre à ces vaillants hommes loin de toute autre récompense matérielle.
A. O.
