Le ministre grec de la Culture Georges Voulgarakis a présenté jeudi à la presse une stèle funéraire gravée et un bas-relief votif archaïque, deux antiquités restituées par le musée Getty de Los Angeles à la Grèce qui les réclamait depuis dix ans. « La Grèce réclamera aux musées étrangers et aux collectionneurs tout objet grec ancien sur lesquels nous détenons la preuve qu’ils sont le produit d’une fouille ou d’un échange illégal », a prévenu le ministre. « Le temps où les musées étrangers et les collectionneurs privés acquéraient des antiquités d’origine inconnue est révolu », a-t-il ajouté. Selon les experts grecs, la stèle funéraire, datée du IVè siècle avant JC, est le produit de fouilles sauvages menées dans les années 1990 au nord d’Athènes. Le bas-relief votif de la fin du Vè siècle avant JC a été volé au début du XXe siècle dans un entrepôt de l’Ecole française d’archéologie à Thassos (nord-est de la mer Egée). Le musée Getty de Los Angeles avait accepté en juillet de rendre ces deux oeuvres devant la menace d’une action judiciaire des autorités grecques. Athènes réclame au musée deux autres oeuvres, une couronne funéraire hellénistique en or et un torse en marbre de Koré (jeune femme). Les deux parties doivent discuter prochainement de ce dossier à Athènes. La Grèce enquête par ailleurs sur Marion True, ex-conservatrice des antiquités du musée, après la découverte en avril dans une villa lui appartenant de 29 oeuvres antiques non déclarées. Aucune poursuite judiciaire n’a toutefois encore été lancée à son encontre. Marion True est actuellement jugée à Rome pour avoir sciemment acheté des objets antiques volés, ce qu’elle dément.
