La construction de villages agricole, battait son plein dans la décennie 73-83, l’argent y coulait à flots, on ne savait pas quoi en faire, on misa alors sur le facteur humain auquel on a attribué une terre fertile à travailler, et une habitation pour lui épargner la vie trop complexe de nomade mais l’amour que vouait le paysan à sa terre ne suffisait pas pour mener à bien, une mission dont l’objectif principal était l’auto-suffisance alimentaire. Les ingrédients qui pouvaient permettre d’instaurer une meilleure stratégie de propulsion du secteur de l’agriculture vers un avenir moins dépendant, n’y étaient pas. Entre autres villages agricoles, la localité de Madjen, distante de 8 km d’Aomar, peut nous donner un petit aperçu de ce qui en reste du projet utopique sur lequel avaient tablé nos responsables d’Alors. Le village a pris de l’extension, 156 foyers ont été recensés. Pour rejoindre Madjen, il faudrait supporter les désagréments d’une chute crevassée en surface, et le fréquent système de freinage qu’on sollicite à la rencontre des « dos de dromadaires » qui jonchent le parcours. Le supplice est vécu quotidiennement par le villageois. Il doit affronter aussi, le manque d’eau, pour laquelle il doit consacrer un temps pour l’approvisionnement. Comparée au 600 l par jour et par personne que réclame un citoyen d’Europe, la ration de ce paysan n’est qu’une goutte dans un océan. En période de pénurie, les tracteurs à citernes mobilisés temporairement, apparaissent au début de la campagne agricole, la prestation est mieux rémunérée dans les travaux de la terre. La construction anarchique dénoncée par les habitants, grignote la largeur de la route principale, qui bientôt n’aura qu’une forme de sentier inaccessible aux véhicules. Lors des dernières chutes de neige, il a fallu trois jours pour débloquer la route, par chance, la localité n’a pas connu de cas graves évacuer sur Lakhdaria ou Bouira. Plus d’un millier de personnes se partagent un espace trop limité pour les contenir. On ne sait quelle mouche à piqué certains élus de la commune, lesquels avaient proposé à la localité de Madjen, la construction de logements sociaux pour la modique somme de 23 millions de centimes. Madjen a raté sa vocation, elle n’est pas ce grenier inépuisable qu’on voulait qu’elle soit prévue de réaliser des excédents en produits agricoles, elle n’est pas en mesure de s’auto-suffire.
A. Cherif
