C’est par brouettes entières que les employés de la SIB ramassent les bouteilles vides qui obstruent les fossés. Sur moins de cent mètres, ce sont pas moins de cinq brouettes pleines qui ont été chargées sur le camion et acheminées vers la décharge communale. Ce qui caractérise les réflexes des buveurs est le fait que dans tout ce lot, il n’y a que trois bouteilles retournables, donc payantes. Ce qui voudrait peut être traduire que si on faisait payer la bouteille vide aux consommateurs, ils réfléchiraient à deux fois avant de la jeter. Chaque nuit que Dieu fait apporte son lot de canettes et autres contenants d’alcool que nos concitoyens ingurgitent le long des routes. Les véhicules, à vitesse réduite, sillonnent toute la nuit les routes de la commune. Leurs occupants en font des bars ambulants, ils ne s’embarrassent pas de garder leurs bouteilles vides pour les jeter à la poubelle. Ils trouvent plus pratique de les balancer dans les fossés ou carrément sur la chaussée. Loin de nous l’idée de leur dicter leur conduite ou de leur dénier le droit de boire. Cependant, leurs gestes sont assimilés à une agression contre la nature, contre toute la société. Maintes fois nous avons aussi attiré l’attention sur ces sachets d’ordures jetés dans les fossés par des gens censés se comporter mieux. Dès que les alentours semblent déserts, des véhicules s’arrêtent sur le bord de la route et déchargent leur cargaison dans la nature. La protection de l’environnement passe aussi par de simples gestes quotidiens, de respect des règles les plus élémentaires en la matière. On ne peut, cependant, accabler personne. Certains agissent de la sorte par manque de sensibilisation, d’autres parce qu’ils ne trouvent pas de dépotoir à proximité de chez eux, c’est selon. L’amélioration du cadre de vie des citoyens est sans cesse répétée par tous ceux qui, de près ou de loin, semblent s’intéresser au bonheur de leurs concitoyens. Elus ou administrateurs, tous donnent l’impression d’oublier que le « cadre de vie de nos concitoyens » n’est pas seulement la réfection de trottoirs ou le remplissage des nids-de-poule par du tuf. Le commun des mortels attend d’eux un endroit où il aimerait vivre loin de la pollution. Le village ou la ville qu’il aimerait léguer à ses enfants serait propre, sans détritus ni bouteilles vides, à tous coins de rue. Il ouvrirait ses fenêtres sans que des odeurs nauséabondes s’engouffrent dans sa maison parce que les réseaux d’évacuation d’eaux usées pourtant continuellement « entretenus » ne seraient plus des sources de maladies pour ses enfants. Les arbres qu’on a coupés pour élargir nos routes seront replantés. Ce sont là des actions qui doivent être entreprises par les pouvoirs publics en collaboration avec les citoyens qui ne demandent qu’à être encadrés pour aider à changer leur environnement. Ce problème de bouteilles jetables n’est pas le seul qui empoisonne notre quotidien. Il y a tant de choses encore qui font partie de notre vécu et auxquelles personne ne semble attacher de l’importance. Ce sont ces petites choses qu’on feint d’ignorer qui contribuent beaucoup à « améliorer le cadre de vie du citoyen ».
Nacer B.
