Un projet qui demeure amputé

Décidément, la modernisation de la RN 30 reliant la daïra de M’chedallah à la wilaya de Tizi Ouzou est loin de constituer un projet digne de grand intérêt auprès des responsables compétents. La mise en service de cette route semble, pour ainsi dire, loin d’être inscrite en priorité, et ce en dépit de son importance du point de vue stratégique et économique. En effet, après plusieurs années où le projet de l’ouverture de cette route somnolait dans les tiroirs de l’administration, le lancement des travaux, depuis quelques mois déjà, ne semble pas pour autant revêtir un caractère d’urgence. D’ailleurs, si on juge que la partie relevant du territoire de la wilaya de Tizi Ouzou est modernisée dans sa totalité, celle du côté de la wilaya de Bouira demeure amputée d’une partie importante, à savoir le tronçon traversant la montagne entre le carrefour de M’zarir et le col de Tizi n’Kouilal qui demeure presque à l’état de piste. Des sources bien au fait de la question nous ont d’ailleurs affirmé que la modernisation de cette partie n’est pas pour demain. Il est, certes, des travaux effectués depuis déjà quelques années, et consistaient en le revêtement de cette chaussée avec en plus quelques terrassements superficiels, mais à l’heure actuelle, cette route fait les frais des aléas du temps qui l’ont ainsi réduite à une chaussée impraticable dans certains endroits. D’ailleurs, il n’y a que quelques commerçants, des grossistes en particulier venant des régions de haute Kabylie qui continuent à braver les difficultés qu’engendre cette traversée. Par ailleurs, on note que pour la partie sud située entre M’zarir et le chef-lieu de daïra de l’ex-Maillot, des travaux ont été entamés depuis quelques mois sur le tronçon entre M’chedallah et Saharidj, mais qui demeurent encore loin de connaître leur terme. Cela ne manque pas de susciter les appréhensions des usagers qui redoutent des désagréments énormes durant la saison hivernale. Cela, d’autant plus que la route de Tala N’Ath Salah utilisée par les automobilistes en guise de déviation ne répond plus aux conditions requises car une grande partie se trouve en état de dégradation avancée. Enfin, il est utile de souligner l’importance que revêt cette route qui, si elle est ouverte au trafic routier d’envergure, elle contribuerait à désengorger les autres routes, à l’image de la RN 5 et la RN 26, nonobstant le fait que son rôle servira à désenclaver la région. Par ailleurs, c’est la zone que traverse cette route qui aura à bénéficier d’une activité permettant son essor économique à court et long terme.

Lyazid Khaber