Mutations en cours

Partager

n Même si la bataille organique a souvent marqué le pas sur les questions de fond dans le bras de fer engagé depuis quelques temps entre deux tendances du MDS, il devient de plus en plus clair que les enjeux sont de nature politique que seul un débat d’idées peut trancher ou clarifier. C’est le niveau de maturité du parti et de ses capacités à intégrer les différences, désormais publiques de sa composante qui déterminera l’issue de cette «crise». Le débat, manifestement contradictoire déjà, doit par contre gagner en sérénité et c’est là où le MDS donne la mesure de ses limites. Ce n’est pourtant pas faute de volonté puisque la tendance incarnée par Hocine Ali a clairement formulé cette perspective du vivant de Hachemi Cherif dont ne peut pas dire qu’il n’a pas été derrière la désignation de son intérimaire. On a beau dire, mais la propension à voir dans l’homme lige du MDS l’incarnation de la ligne pure et dure de ce parti ne repose sur rien de sérieux et il suffit d’un furtif regard dans le rétroviseur pour se rendre à cette évidence : Hachemi Cherif a été derrière toutes les grandes mutations du Pags, y compris les plus douloureuses, qui ont laissé sur le carreau ses compagnons les plus chers et pris parfois les contours d’autosabordage. C’est dire aujourd’hui qu’autant la ligne défendue jusque-là peut légitimement continuer à être entretenue, autant la tendance à la fétichiser est mal venue face à réelle et sincère expression d’une volonté de changement. Et c’est de cette volonté de changement qu’il s’agit aujourd’hui. Ou le MDS l’accepte dans ces structures, ou il assume la responsabilité de l’éclatement d’une structure déjà en net déclin organique en dépit d’un patrimoine historique que beaucoup de monde regrettera,y compris parmi ceux qui ne partage pas sa «ligne stratégique». Surtout que de cette volonté de changement, quand bien même elle serait prônée par une minorité- ce qui est loin d’être une évidence- peut émaner le sursaut du renouveau qui passe par l’ouverture et l’abandon de quelques certitudes. Sur ce registre, Hocine Ali et Ahmed Meliani s’entendent parfaitement : la classe politique dans sa configuration actuelle est obsolète et aucun parti ne peut constituer tout seul une alternative sérieuse pour le pays.Vaste programme devant le quel les histoires d’exclusion, de majorité au conseil national et de congrès font presque sourire.

Slimane laouari

Partager