L’unique salle de spectacles de Tazmalt, ville de plus de 30 000 habitants est en pleine réfection. Des travaux de réhabilitation et de décoration sont engagés sur le budget de la direction de la jeunesse et des sports de la wilaya de Bgayet. Usé par les activités extra-culturelles polyvalentes de la jeunesse de la région, l’endroit a besoin d’être vigoureusement relooké. « La salle sera fin prête le jour J pour abriter la renaissance de la culture dans notre région », dira Mohand Larbi Arab, le directeur de la maison des jeunes. Six commissions sont à pied-d’œuvre pour la concrétisation de cet ambitieux chantier culturel. De l’accueil à la sécurité, en passant par l’animation, l’affichage, la programmation, la logistique et le secrétariat, rien n’est laissé au hasard sous la coordination bi quotidienne de M. Abdelmalek Menasria, le président de l’AAJ. 17 troupes théâtrales amateur de la Soummam se donneront la réplique pour les quatre Prix à forte valeur symbolique, la meilleure pièce, le meilleur texte, la meilleure interprétation et le meilleur comédien. L’interprétation de la pièce Wouhouch. Com par la troupe de Omar Fetmouche du TRB de Bgayet, clôturera en apothéose ces premières journées théâtrales environnées par la convivialité de nombreux actes culturels dont la vente-dédicace des deux excellents livres de littérature amazighe du poète Malek Houd n’est pas des moindres. L’exposition-vente de livres par la librairie Tamazgha accompagnera l’événement sur toute sa durée. Notons que la danse moderne, les sketches et les joutes d’un concours de culture générale trilingue concernant les lycéens, habilleront les temps morts et les intermèdes laissés par la succession des pièces théâtrales. Dans le volet communication, M. MOhand Benamara, directeur de la culture de la wilaya, ouvrira le premier jour par une conférence au thème général de « Culture et dépendance », tandis que M. Omar Fetmouche, directeur du TRB clôturera par un thème plus proche de l’événement : « Le mouvement théâtral d’expression amazigh ». Sur le plan protocolaire, l’affiche de la maison de jeunes annonce que ces Premières journées théâtrales de la Soummam » se dérouleront sous le haut patronage du P/APC avec la présence des représentants des diverses institutions étatiques, de ceux du mouvement associatif dans sa diversité et des invités de marque du monde la culture. L’entrée sera gratuite pour les citoyens.
« Le printemps du savoir »Confluence conceptuelle judicieuse et productive que cette intersection du Printemps berbère avec la Journée du Savoir. Que le savoir bourgeonne et fleurisse à la rencontre du printemps et que la sève et l’énergie de la belle saison habitent les porteurs de la vision scientifique. Ce n’est pas une simple parabole, mais un faisceau de chantiers culturels dynamiques où l’émulation et la créativité rencontrent la vitalité de la jeunesse. Avec l’aide logistique de l’APC, la maison de jeunes de Tazmalt célébrera par l’activité théâtrale la réhabilitation de l’acte culturel de façon originale dans un espace de retrouvailles et de cohabitation des deux courants culturalistes qui marquent la jeune histoire de notre société : le courant réformiste religieux de Ben Badis et le Mouvement culturel berbère. C’est sans doute sur le terrain des valeurs de l’universalité que ces deux visions du monde véhiculant deux projets de société, des idéaux souvent opposés et rivaux, dépasseront leurs antagonismes et leurs luttes contreproductives. Il n’y a que le théâtre, langage universel par excellence, qui peut réunir les conditions du dépassement des contradictions des uns et des autres par leur distanciation d’avec la réalité des contingences sociales et politiques immédiates et l’ouverture et l’agrandissement des espaces de confluences et la réduction de ceux de l’adversité permanente. Avec leur forte charge symbolique, ces deux dates du 16 et du 20 avril, intériorisées par la mémoire collective constituent des moments propices à la relance culturelle par des actes, des contenus, et non seulement par les formes de l’expression politique (manifestations, déclarations, cortèges… ). Gageons que les aigris et les intégristes des deux bords seront enfin battus sur le champ de la production culturelle, terrain qu’ils ont toujours squatté et pris en otage par la surenchère politique.
Rachid Oulebsir
