Mont de misère

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Avec la rentrée scolaire et surtout le mois de ramadhan, beaucoup de familles pauvres vont s’adresser, comme elles ont pris l’habitude de le faire aux prêts sur gage, chose que l’on appelait autrefois ‘’Mont de piété’’. Ce type de prêt, pratiqué par certaines agences bancaires, est tout à fait légal : ceux qui l’ont institué l’ont fait dans le but de lutter contre les usuriers, en proposant des taux inférieurs à ceux du marché financier. Mais il n’y a pas que les taux qui soient inférieurs : la valeur des objets mis en gage est sous-estimée : on reçoit toujours moins que ce que rapporterait l’objet gagé si l’on devait le vendre. Ainsi, pour les objets en or mis en gage, on ne reçoit que 500 dinars par gramme, alors que les bijoutiers le rachètent à au moins 800 dinars. Il est vrai qu’avec le prêt sur gage on a toujours la possibilité de récupérer son objet, après avoir payé un intérêt : c’est important pour ceux qui veulent récupérer des objets qui revêtent pour eux une valeur sentimentale ! Traditionnellement, ce sont les femmes, les veuves sans ressources qui recourent au prêt sur gage mais depuis quelques années, avec la paupérisation, de vastes couches de la société, des hommes aussi, surtout des chômeurs ou des artisans ayant un besoin pressant d’argent, recourent au Mont de Piété. Si certains, au bout d’un certain temps viennent récupérer leur gage en s’acquittant de l’argent emprunté et de l’intérêt, d’autres, toujours sans ressources, sont obligés de les abandonner. Ils sont alors vendus par la banque qui récupèrent l’argent prêté et l’intérêt…

S. Aït Larba

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