L’engouement et l’affluence de jadis sur les points de vente de vêtements, chaussures et autres articles scolaires constatés à chaque approche de la rentrée scolaire, a fait place à un vide sidéral autour des étals sur les places publiques, les magasins où il fallait jadis jouer des épaules et des coudes pour se frayer un passage et faire ses emplettes au milieu d’une bousculade d’où chacun ressort chargé de paquets en affichant un visage radieux. Les parents tirent la même satisfaction et le même plaisir que les enfants, ces parents rivalisaient même à qui offrirait les meilleurs effets à sa progéniture. Fini l’ambiance de fête d’antan, la rentrée scolaire constitue à l’heure actuelle la hantise des chefs de familles qui rôdent furtivement autour de ces points de ventes et ne se décident à s’approcher timidement qu’en retenant leur souffle et après maints calculs, avec la sueur au front. Ces mêmes parents n’osent plus se faire accompagner de leurs enfants car sachant d’avance qu’ils n’ont plus les moyens de céder à leurs choix et ne pouvant affronter les regards pleins de déception de ces petits qui ne comprennent pas pourquoi ces pères qui forment tout leur univers, refusent d’accéder à leur choix. Le malheureux père encaisse sans réagir car entre les nourrir ou les habiller, le choix s’impose de lui-même. La rentrée scolaire est un événement qui permet à un observateur averti de mesurer le niveau de vie de la population, les bousculades qui se produisent chaque jour de marché hebdomadaire autour des tas de chiffons appelés « friperies » est une réponse, on peut ne plus claire à quiconque voulant s’enquérir de la situation sociale de la population, au même titre que les sachets contenant quelques kilos de légumes qui ont remplacé depuis longtemps les volumineux couffins avec lesquels on ressortait des rayons des fruits et légumes. Au jour d’aujourd’hui, chacun fait ses calculs et le moindre dinar a sa destination précise, fini les folies des dépenses sans compter, surtout qu’immédiatement après la rentrée scolaire, le Ramadhan pointe du nez avec ses 30 jours qui semblent des années pour les ménagères et les chefs de familles, les calculs mentaux ont déjà démarré et les résultats augmentent la tension qui est déjà au rythme maximal.
Omar Soualah
